En bref
- Trump a parlé surtout de travaux
- Le bassin rénové accumule les ratés
- Les midterms passent au second plan
À la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis, Donald Trump a consacré l’essentiel de son dernier discours en personne à Washington à ses chantiers, bien plus qu’à son bilan ou à la bataille pour le Congrès.
Le rendez-vous avait pourtant une portée très politique. Mardi 3 novembre 2026, l’opposition démocrate espère reprendre le Congrès au Parti républicain, celui du président. Dans ce contexte, ce dernier plaidoyer de campagne devait mobiliser. Il a surtout dérivé vers la réfection d’un site emblématique de la capitale fédérale.
Un dernier rendez-vous de campagne très loin du message attendu
Pendant près de vingt minutes au début de son intervention, Donald Trump a détaillé la remise en état du bassin réfléchissant de Washington, photos à l’appui. Il a montré des joints, des tuyaux et des images censées illustrer le délabrement du lieu.
Le président n’est revenu que plus tard, et assez vite, à son argumentaire électoral. Il a affirmé avoir tenu plus de promesses qu’il n’en avait faites. En face, ses adversaires lui reprochent au contraire d’avoir promis une hausse du pouvoir d’achat qui ne s’est pas produite, et d’avoir assuré qu’il éviterait de nouvelles guerres avant d’attaquer l’Iran.
Le bassin de Washington, vitrine voulue et symbole encombrant
Le choix du décor n’avait rien d’anodin. Le président parlait devant le bassin jouxtant le mémorial dédié à Abraham Lincoln, là même où Martin Luther King avait prononcé son discours « I have a dream ».
Donald Trump a annoncé la réouverture du site après une rénovation laborieuse. Il a même lancé, sur le ton de la plaisanterie, qu’on réfléchissait sérieusement à rebaptiser l’endroit « Trump Reflecting Pool », avant de préciser « Je plaisante. Je plaisante ».
Pour ses opposants, ce projet résume une présidence guidée par des priorités personnelles et coupée des réalités. Pour lui, ce bassin rénové incarne au contraire l’« âge d’or » qu’il promet au pays.
Retards, algues et choix contestés sur le chantier
Le chantier devait être terminé avant le 4 juillet, date des 250 ans de la naissance des États-Unis. Il a accumulé les ratés. L’entreprise chargée des travaux avait déjà travaillé sur une propriété privée du président et a été retenue sans appel d’offres.
Le revêtement bleu choisi par Donald Trump s’est dégradé. L’eau, elle, a viré au vert fluorescent à cause d’algues. Le président a commenté la scène avec deux formules qui ont marqué son discours, « Les algues sont brutales » puis « Comme les êtres humains, l’herbe est vivante ».
Il soutient aussi que les retards viennent d’actes de vandalisme. Cette thèse a été rejetée par un juge.
D’autres projets annoncés, devant un public restreint
En fin d’allocution, Donald Trump a élargi la liste. Il a évoqué un monumental arc de triomphe à Washington, qu’il promet plus grand et plus beau que celui de Paris, ainsi que la future rénovation d’un parcours de golf déjà critiquée localement.
Puis cette phrase, assez révélatrice du ton du moment. Le président a assuré que beaucoup de grandes choses étaient prévues pour Washington et qu’il pourrait aussi parler de la nation, mais que le public n’avait pas le temps pour cela. Dans l’assistance, il n’y avait que des officiels et des journalistes.