Trafic aérien en hausse, mais profits divisés par deux en 2026

Image d'illustration. Vue aérienne d une cabine d avion bondéeADN
Les compagnies aériennes attendent plus de passagers en 2026, mais une rentabilité en net recul. Le carburant pèse, surtout au Moyen-Orient.
En bref
- Plus de passagers attendus en 2026
- Les bénéfices chuteraient de moitié
- Le Moyen-Orient serait dans le rouge
Gagner environ 4 euros par passager, voilà ce qui résume le mieux 2026 pour les compagnies aériennes. Derrière ce chiffre avancé par l’Iata, on voit un secteur qui continue de remplir les avions, mais qui encaisse de moins en moins bien le choc du carburant.
Réunie à Rio de Janeiro, l’Association du transport aérien international prévoit que ses membres, qui assurent 85 % du trafic mondial, transporteront 5,1 milliards de passagers en 2026. C’est 2,4 % de plus qu’en 2025, estimé à 4,98 milliards. La barre des 4 milliards avait déjà été dépassée en 2023.
Un secteur qui transporte plus, mais gagne beaucoup moins
Le trafic progresse, et même le chiffre d’affaires suivrait. L’Iata table sur une hausse de 9 %, à environ 1.019 milliards d’euros (1.165 milliards de dollars). Mais sur la ligne du bas, le tableau change nettement.
Les bénéfices nets attendus passeraient d’environ 39 milliards d’euros (45 milliards de dollars) en 2025 à 20 milliards d’euros (23 milliards de dollars) en 2026. Même recul pour la marge nette, prévue à 2,0 % contre 4,2 % un an plus tôt.
Le carburant reste le vrai point de tension
Pour Willie Walsh, les perturbations au Moyen-Orient liées à la guerre, additionnées à la hausse des coûts du carburant, ont détérioré les perspectives du secteur. Son constat est simple, les bénéfices résistent encore, mais dans des proportions bien plus faibles.
L’Iata souligne aussi que la hausse du kérosène n’est répercutée qu’en partie sur les billets. Les compagnies relèvent les prix, oui, mais elles absorbent encore une part du choc sur leurs résultats. Résultat, la rentabilité se contracte alors même que la demande tient.
Le Moyen-Orient bascule, l’Europe passe devant
C’est sans doute le point le plus frappant de ces prévisions. Les transporteurs du Moyen-Orient, pourtant habitués à afficher les meilleures marges, passeraient d’une marge nette de 9,4 % en 2025 à -6,1 % en 2026.
Pour des groupes comme Emirates ou Qatar Airways, l’Iata estime qu’un redressement rapide passerait plutôt par des prix attractifs que par un retour immédiat des volumes. À l’inverse, l’Europe deviendrait la région la plus rentable avec 3,1 % de marge nette, devant l’Amérique du Nord à 2,5 % et l’Asie-Pacifique à 2,1 %.
La demande, elle, ne flanche pas
Malgré l’incertitude géopolitique et l’impossibilité de dire combien de temps durera la guerre, l’Iata ne voit pas de tassement de la demande. L’organisation, qui regroupe plus de 370 compagnies, rappelle que le prix moyen d’un billet a baissé de 26 % en dix ans.
C’est tout le paradoxe. Les voyageurs continuent de prendre l’avion, mais le secteur entre dans 2026 avec beaucoup moins de marge de sécurité. Et dans ce genre d’industrie, clairement, cela change vite la lecture des prochains mois.