En bref
- Les premiers Tesla Semi sont enfin livrés, avec une autonomie annoncée d’environ 800 km.
- Tesla mise sur un camion électrique plus économique, moins polluant et plus fiable pour les flottes.
- Après plusieurs années de retard, le principal défi reste le déploiement des infrastructures de recharge.
Les premiers camions Semi de Tesla arrivent enfin chez les clients. La marque américaine a indiqué que les livraisons peuvent démarrer dès que les acheteurs sont prêts, même si un obstacle reste bien là, l’infrastructure de recharge, encore jugée sensible par une personne proche du dossier.
Les premières livraisons démarrent enfin
En fin de semaine, à Reno dans le Nevada, des dirigeants de Tesla ont détaillé le lancement du poids lourd électrique devant des clients, des salariés et des invités. Elon Musk n’était pas sur place, retenu au dîner d’État du président Donald Trump avec le Premier ministre chinois Xi Jinping, mais une séquence enregistrée a été diffusée avant l’événement.
La présentation se tenait dans une nouvelle usine consacrée au Semi, installée à côté de la première Gigafactory de Reno. Tesla vise jusqu’à 50.000 camions produits par an, soit environ 1000 par semaine, avec 3000 emplois annoncés pour l’économie locale.
La version la plus endurante doit dépasser 500 miles, soit un peu plus de 800 kilomètres, avec une charge, selon le poids transporté. Son tarif attendu approche les 300.000 dollars avant aides. Des versions à plus faible autonomie sont aussi prévues.
Un camion qui arrive avec une promesse économique
Sans révéler le prix final exact, les responsables de Tesla ont insisté sur trois promesses, un coût total de possession plus bas pour les flottes, moins d’émissions et une meilleure fiabilité. C’est le cœur du pitch.
Le sujet n’est pas anodin pour Tesla, qui traverse une phase de transition. Elon Musk présente désormais davantage l’entreprise comme un groupe centré sur la robotique et l’IA, alors que l’essentiel de ses revenus vient encore de la vente de véhicules. La mission de l’entreprise a aussi évolué vers l’idée de construire un monde d’abondance remarquable, loin de l’ancienne priorité affichée sur l’accélération de la transition énergétique durable.
Malgré ce virage, la réduction des émissions du transport routier lourd est restée très présente. Dan Priestly, patron du programme Semi, a rappelé que les poids lourds représentent 1% des véhicules sur la route mais 16% des émissions.
Des années de retouches avant le feu vert
Prévu au départ pour une production en 2019, le Semi a accumulé les retards. La pandémie, les pénuries mondiales de pièces et de semi-conducteurs, ainsi que les ajustements demandés après les essais clients, ont allongé le calendrier.
Pendant un événement d’une trentaine de minutes, Dan Priestly et Lars Moravy, qui supervise l’essentiel de l’ingénierie chez Tesla, ont détaillé plusieurs changements. Le camion a perdu environ 450 kilos par rapport à sa version initiale. L’équipe a aussi simplifié le pont moteur en passant de trois huiles différentes à une seule. Priestly a reconnu, en français, que l’entreprise va parfois « un peu trop loin ».
Le groupe a aussi montré sa borne de charge mégawatt, avec une démonstration faisant passer un Semi de 3% à 60% de batterie pendant l’événement. Tesla construit en parallèle un réseau dédié.
Fenêtres revues, autonomie défendue
Autre correction très concrète, les fenêtres latérales. Le dessin d’origine, avec des vitres entrouvrables qui ne descendaient pas complètement, a été abandonné. Dan Priestly a admis que cette solution n’était pas suffisante et que le nouveau Semi adopte désormais des vitres classiques qui se baissent totalement.
Sur l’autonomie, Tesla maintient sa promesse de 800 km avec un camion pleinement chargé. La cible avait été largement moquée depuis 2017, notamment par Bill Gates. Sans le nommer, Moravy et Priestly ont répondu sur scène aux sceptiques, en expliquant que chaque gain d’efficacité permet de réduire la batterie, le poids et le coût.
Dans sa vidéo, Elon Musk a enfin assuré que le Semi serait « le camion le plus amusant à conduire ». Il a aussi promis l’arrivée prochaine de fonctions d’automatisation partielle, encore absentes du modèle lancé.