En bref
- Les posts sponsorisés pour ChatGPT sur Instagram ont plus que doublé en deux mois.
- OpenAI veut faire de ChatGPT un outil du quotidien, au-delà de la tech.
- Cette stratégie d’influence suscite des critiques sur la transparence, l’environnement et les liens avec OpenAI.
Les chiffres donnent le ton. D’après des données de HypeAuditor relayées par Business Insider, les publications sponsorisées sur Instagram avec les hashtags #chatgpt_partner ou #chatgptpartner sont passées de 61 en juin à 122 en juillet, puis 141 en août. En deux mois, le volume a plus que doublé. Pas vraiment un hasard.
Une présence sponsorisée qui grimpe vite
Ce que cherche OpenAI se lit assez bien dans cette hausse. Il ne s’agit plus seulement de faire parler de ChatGPT dans les cercles tech, entre prompts et benchmarks. L’idée semble plutôt de faire entrer l’outil dans des usages ordinaires, ceux qu’on croise toute la journée en faisant défiler son fil.
Autrement dit, OpenAI ne vend pas juste un chatbot. L’entreprise pousse des raisons concrètes d’y revenir, au boulot, à la maison ou pendant les loisirs. C’est plus large, et clairement plus ambitieux.
Le but n’est plus d’expliquer l’IA
Les créateurs visés ne viennent pas seulement de la tech. Business Insider évoque des profils liés au fitness, à l’éducation, au voyage, au shopping, à la parentalité ou encore à la carrière. Le message est simple, ChatGPT doit apparaître comme un réflexe du quotidien.
Une campagne de rentrée montrait par exemple un parent utilisant ChatGPT pour aider ses enfants en maths, avec une mise en avant du Study Mode et des outils de sécurité pour les adolescents. De son côté, The Shade Room, suivi par plus de 28 millions d’abonnés sur Instagram, a publié une grille de mots sponsorisée autour de ChatGPT.
Une créatrice ayant travaillé avec OpenAI a expliqué à Business Insider que son public utilisait déjà ChatGPT. Le vrai enjeu n’est donc plus de faire essayer l’IA une première fois, mais de faire choisir cette marque-là plutôt qu’une autre.
OpenAI muscle son dispositif créateurs
Il y a aussi des indices d’une organisation plus lourde derrière tout ça. OpenAI a renforcé ses opérations de partenariats avec les créateurs et a recherché des profils capables de gérer ces collaborations à grande échelle.
Plus tôt dans l’année, l’entreprise a recruté Charles Porch, passé par les partenariats d’Instagram, au poste de vice-président des partenariats créatifs mondiaux, selon son profil LinkedIn. En août, OpenAI a aussi invité des créateurs à une retraite de luxe à New York, avec ateliers, activités et présentation de ses produits.
Une stratégie efficace, mais pas sans risque
Ce genre d’opération a aussi provoqué des critiques. Certains influenceurs présents ont été attaqués par leurs abonnés sur l’impact environnemental de l’IA et sur leur indépendance vis-à-vis d’OpenAI. TechCrunch a même indiqué qu’au moins un créateur semblait avoir retiré une vidéo liée à l’événement après ce retour négatif.
Reste un point très concret pour le public. La Federal Trade Commission rappelle que les créateurs doivent signaler clairement toute relation matérielle avec une marque, qu’il s’agisse d’un paiement, d’un produit offert ou d’un autre avantage. Et ce signalement ne doit pas être caché au milieu des hashtags ou derrière un bouton « plus ».
Bref, si un créateur vous montre comment ChatGPT l’aide pour un voyage, un entraînement ou des devoirs, un réflexe s’impose, regarder la légende. Ce n’est pas toujours un conseil spontané.