Taxe sur les superprofits pétroliers, la pression monte en Europe

L’Allemagne et cinq autres pays relancent l’idée d’une taxe européenne sur les profits pétroliers. En jeu, le financement d’aides face aux prix de l’énergie.

Raffinerie pétrolière dans une zone industrielle
Image d'illustration. Six pays poussent une taxe sur le pétrole. — ADN

En bref

  • Six pays veulent taxer les profits pétroliers
  • Objectif, financer des aides sur l’énergie
  • L’Irlande mise d’abord sur une désescalade

Les pays favorables à une taxe européenne sur les superprofits pétroliers avancent un argument simple. Récupérer une partie des bénéfices exceptionnels des groupes du secteur pour financer des mesures en faveur des consommateurs et des entreprises frappés par la flambée des prix de l’énergie.

Cette demande a été relancée vendredi à Dublin, lors d’une réunion ministérielle. Mené par l’Allemagne, le groupe réunit aussi l’Italie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal et l’Espagne, représentée par sa ministre de l’Économie.

Une taxe pensée pour financer des aides

Pour ces Etats, le principe est clair. Une ponction exceptionnelle sur les bénéfices des compagnies pétrolières permettrait de soutenir ceux qui subissent la hausse des coûts de l’énergie, qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises.

Le sujet n’est pas nouveau. En août déjà, ces ministres avaient demandé un prélèvement européen exceptionnel. Et plusieurs de ces pays avaient porté la même idée dès avril. Jusqu’ici, leurs requêtes n’ont pas débouché sur de décision à Bruxelles.

Six pays remettent la pression sur Bruxelles

Le rapport de force, cette fois, passe par une démarche collective. Bon, six capitales ne font pas l’Union européenne, mais elles cherchent clairement à remettre le dossier sur la table au niveau communautaire.

Le pilotage politique vient de Berlin. C’est l’Allemagne qui mène ce front, avec l’appui de cinq autres pays. Leur ligne est la même, une réponse européenne plutôt qu’une série d’initiatives nationales dispersées.

Des profits dopés par la guerre au Moyen-Orient

Leur argument repose sur un constat. Les entreprises du secteur énergétique ont vu leurs gains bondir depuis que les Etats-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran en février.

Cette guerre a réduit le trafic dans le détroit d’Ormuz, un axe de transit clé. Résultat, les prix de l’énergie ont grimpé et les bénéfices de certaines compagnies pétrolières ont explosé, selon les pays qui défendent cette contribution exceptionnelle.

Pour l’Irlande, la vraie réponse est géopolitique

Du côté de l’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’UE, le ton est plus prudent. Le ministre des Finances Simon Harris n’est pas entré dans le débat sur la taxe elle-même.

Il a surtout insisté sur ce qu’il juge le levier le plus efficace contre les prix élevés des carburants, « une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d’Ormuz ». La suite se jouera donc à la fois sur le terrain politique européen et sur l’évolution de la crise dans la région.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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