Retraités, ce que le nouveau forfait fiscal changerait en 2026

La suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions bouleverserait la note fiscale de millions de retraités. Avec un forfait de 2 000 €, tout change.

Gros plan d'une main lâchant des billets en l'air, symbolisant les avantages financiers transitoires de la vie.
Image d'illustration. Gros plan d une main lançant des billets — ADN

En bref

  • Fin de l’abattement de 10 %
  • Un forfait unique de 2 000 €
  • Effets très différents selon la pension

Avec cette réforme, tout se joue autour d’un niveau de pension. En dessous, certains retraités pourraient y gagner. Au-dessus, la note fiscale grimperait.

Le seuil qui change tout

Le principe est simple. Aujourd’hui, les pensions profitent d’un abattement de 10 %. Demain, il serait remplacé par un forfait unique de 2 000 € par personne. En gros, plus la pension est élevée, plus ce changement efface un avantage qui pouvait être plus généreux.

Le point de bascule se situe autour de 25 000 € de pension annuelle. En dessous, le forfait fixe peut être plus favorable que l’ancien calcul proportionnel. Au-dessus, c’est l’inverse.

Une réforme qui touche des millions de pensions

La mesure ne serait pas marginale. Près de 15 millions de retraités bénéficient aujourd’hui de ce mécanisme fiscal.

Jusqu’ici, l’abattement pouvait aller jusqu’à 4 123 € par an, dans la limite du plafond prévu. Le nouveau système casserait cette logique proportionnelle. Même avantage de base pour tous, quel que soit le montant de la pension. C’est plus lisible, mais c’est aussi plus dur pour les revenus élevés.

Cette suppression s’inscrit dans le cadre de la réforme budgétaire avancée par François Bayrou, qui évoque une année blanche dès 2026 avec des coupes dans la dépense publique et un ménage dans les niches fiscales.

Petites retraites, classes moyennes, hauts revenus

Les retraités non imposables, souvent sous les 20 000 € par an, ne verraient rien changer. Pas d’impôt, donc pas d’effet concret.

Pour une pension annuelle de 15 000 €, le nouveau forfait représenterait un gain de 500 €. À 25 000 €, la perte serait du même ordre, 500 €. Et au-delà de 50 000 €, la perte atteindrait le maximum lié à la réforme, autour de 2 123 €, soit environ 860 € nets d’après l’OFCE.

Entre les deux, les classes moyennes seraient les plus souvent perdantes. L’OFCE évoque, pour les tranches supérieures, une perte moyenne annuelle d’environ 860 € nets. De son côté, TF1 Info estime qu’un ménage moyen perdrait près de 350 €, soit environ 280 € par unité de consommation.

Pourquoi cette remise à plat est proposée

Pour François Bayrou, il s’agit de supprimer des avantages fiscaux jugés peu justifiés. Il considère que les retraités n’ont plus à supporter de frais professionnels et a parlé d’« avantages non justifiés ».

Mais la portée du texte va plus loin qu’un simple ajustement technique. Il traduit un choix de rigueur budgétaire, avec une redistribution moins favorable aux pensions les plus confortables. Clairement, la mesure vise autant à faire des économies qu’à redessiner l’avantage fiscal.

Vos questions, nos réponses

Cette réforme est-elle déjà appliquée ?

Non. Elle est présentée comme une piste pour 2026 dans le cadre de la réforme budgétaire défendue par François Bayrou. À ce stade, il s’agit d’une proposition, pas d’un changement déjà en vigueur sur l’impôt payé aujourd’hui.

Pourquoi le seuil de 25 000 € revient-il souvent ?

Parce qu’il marque à peu près le moment où l’ancien abattement de 10 % devient plus avantageux que le forfait fixe de 2 000 €. Avant ce niveau, un forfait peut mieux protéger une pension modeste. Après, il compense moins bien.

Que signifie une perte « nette » de 860 € ?

Ici, le mot renvoie au montant estimé de perte après effet fiscal calculé par l’OFCE pour les retraités des tranches supérieures. Ce n’est pas une baisse de pension versée, mais une hausse d’impôt ou une réduction d’avantage fiscal.

Les retraités non imposables ont-ils quelque chose à craindre ?

D’après les éléments avancés, non. Si un retraité ne paie pas d’impôt sur le revenu, la modification de l’abattement n’a pas d’effet direct. C’est pour cela que les petites pensions non imposables sont présentées comme neutres dans cette réforme.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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