Roland-Garros : voici pourquoi certains joueurs vont écourter leurs interviews

Image d'illustration. Microphone en gros plan à roland garrosADN
Face à de récents changements dans le monde du tennis, la durée des interviews accordées aux joueurs pourrait bientôt être fortement réduite. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution, suscitant interrogations et réactions dans le milieu sportif.
Tl;dr
- Joueurs contestent la répartition des revenus à Roland-Garros.
- Mouvement de protestation prévu lors du « Media Day ».
- La FFT défend ses investissements et les hausses de dotation.
Des tensions croissantes autour du prize-money à Roland-Garros
Alors que la tension ne cesse de monter entre les principaux acteurs du tennis mondial et les organisateurs des tournois du Grand Chelem, une nouvelle action symbolique se profile à Roland-Garros.
Plusieurs professionnels, dont l’identité n’a pas été révélée, ont décidé de limiter leur temps consacré aux obligations médiatiques à seulement un quart d’heure lors du traditionnel « Media Day ». Ce geste, qui prend tout son sens dans le contexte actuel, vise à dénoncer ce qu’ils estiment être une part insuffisante des revenus générés par ces prestigieux tournois.
Un partage jugé inéquitable malgré les hausses récentes
Les joueurs concernés souhaitent ainsi pointer du doigt la disproportion qu’ils perçoivent : actuellement, selon leurs calculs, seuls 15 % des recettes totales sont redistribuées sous forme de prize-money. Ils revendiquent une augmentation jusqu’à 22 %. La protestation prend racine dans un bras de fer engagé dès avril 2025, matérialisé par l’envoi d’une lettre collective adressée aux quatre grands rendez-vous mondiaux. En réponse, chaque tournoi a consenti à revaloriser ses dotations, notamment le tournoi parisien qui a franchi le cap des 61,7 millions d’euros (+9,5 %), comme annoncé en avril.
Pourtant, cette hausse n’a pas suffi à calmer la grogne : certains athlètes ont récemment fait part de leur « profonde déception », soulignant que les recettes attendues cette année à Roland-Garros pourraient atteindre près de 400 millions d’euros. Parmi eux, des figures majeures telles que Jannik Sinner, ou encore la numéro un mondiale Aryna Sabalenka, qui déclarait récemment : « Boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits ».
Réactions fermes côté organisation
Face à ces critiques persistantes, la Fédération française de tennis (FFT) rappelle avoir investi plus de 450 millions d’euros dans les infrastructures depuis 2019 et augmenté d’environ 45 % la dotation globale sur la même période. Dans une déclaration teintée de regret mais ferme sur le fond, elle souligne que cette forme de protestation « pénalise l’ensemble des parties prenantes du tournoi : les médias, les diffuseurs, les équipes et toute la famille du tennis ».
Quant à l’édition 2026 qui débute dimanche prochain, sa directrice Amélie Mauresmo l’affirme sans détour : « On ne va pas bouger » sur le montant alloué au prize-money.
Avenir incertain mais dialogue maintenu
Un dialogue reste toutefois ouvert puisque certains représentants des joueurs doivent rencontrer ce vendredi les organisateurs. En filigrane demeure une question centrale pour l’avenir : comment concilier attractivité économique du tournoi et reconnaissance équitable du rôle moteur joué par ses athlètes ?
Une équation que le monde du tennis devra s’efforcer de résoudre dans un climat où chacun campe fermement sur ses positions.