Rester assis toute la journée : l’activité physique ne suffit pas, alerte un spécialiste

Image d'illustration. Bureau moderne avec employés utilisant des ordinateursUn bureau moderne avec des employés travaillant sur des ordinateurs. Les écrans affichent des interfaces d'intelligence artificielle et la lumière naturelle inonde l'espace.
Un spécialiste met en garde contre les effets néfastes de la sédentarité prolongée, soulignant que la pratique régulière d’une activité physique ne suffit pas toujours à compenser les risques liés au fait de rester assis toute la journée.
Tl;dr
- Rester assis trop longtemps augment les risques cardiométaboliques et musculosquelettiques.
- Même les personnes actives sont exposées aux dangers de la position assise prolongée.
- De petites pauses en mouvement au travail permettent de protéger la santé.
Position assise prolongée : un risque de santé dans nos environnements de travail moderne
Les campagnes de santé publique ont longtemps martelé le message suivant : « fumer tue ». Pourtant, un autre comportement quotidien, nettement plus discret et socialement accepté, commence à attirer l’attention des chercheurs : le fait de passer de longues heures assis. Au fil des années, la plupart des adultes – employés de bureau en tête – s’installent derrière leur écran ou en réunion jusqu’à dix heures par jour. Ce mode de vie semble anodin, parfois inévitable, mais la science nous rappelle que ses conséquences peuvent être loin d’être bénignes.
Sédentarité et activité physique : deux réalités distinctes
Ce qui échappe souvent au grand public, c’est la distinction entre sédentarité et inactivité physique. Les recommandations officielles préconisent au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine – marche rapide, vélo… ou 75 minutes d’efforts soutenus comme la course. Pourtant, même ceux qui respectent ces seuils ne sont pas à l’abri : un sportif matinal peut très bien rester assis huit heures d’affilée devant son ordinateur. Bouger davantage ne suffit donc pas à annuler les effets délétères du temps passé immobile.
La sédentarité, c’est ce temps prolongé en position assise ou allongée, avec une dépense énergétique minimale – que ce soit au bureau, devant la télévision ou lors des trajets. Et les chiffres frappent : on estime que l’inactivité physique contribue chaque année à quatre à cinq millions de décès dans le monde.
Des conséquences systémiques sur le corps… et l’esprit
Lorsque le corps demeure statique trop longtemps, plusieurs mécanismes se mettent en marche. L’activité musculaire chute ; le glucose est moins bien absorbé ; la circulation sanguine ralentit. Ces changements favorisent l’insulinorésistance, perturbent le métabolisme des graisses et augmentent la tension artérielle – autant de portes ouvertes vers les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.
Mais il y a plus. L’accumulation d’heures passées assis engendre aussi :
- Maux de dos et tensions musculaires, surtout dans le cou et les lombaires.
- Baisse de concentration et d’énergie, ressentie par nombre d’employés sédentaires.
Finalement, réduire ce temps assis pourrait améliorer non seulement la santé physique, mais aussi la productivité au travail.
Réduire l’immobilité : des solutions simples et efficaces
Changer cette routine n’exige ni abonnement sportif ni transformation radicale du bureau. De nombreuses études confirment qu’il suffit de se lever ou de marcher quelques minutes toutes les demi-heures pour déjà améliorer sa glycémie et limiter les risques métaboliques.
Certaines entreprises prennent désormais l’initiative : réunions en marchant, rappels pour s’étirer ou pauses mouvementées figurent parmi les mesures adoptées. Le mobilier modulable (bureaux réglables en hauteur), des escaliers facilement accessibles ou encore des itinéraires piétons encouragent ces nouvelles habitudes. Au Royaume-Uni, ces aménagements ont permis aux salariés concernés de réduire leur temps assis quotidien d’environ une heure tout en gagnant en confort musculaire et en concentration.
Si l’on a su repenser nos environnements face aux dangers du tabac, il serait temps de reconsidérer aussi la structure même de notre journée professionnelle pour limiter ce fléau silencieux qu’est la sédentarité excessive.