En bref
- Burger King perd en appel
- Le licenciement est jugé abusif
- Regarder le foot ne suffit pas
La justice a confirmé qu’un salarié de Burger King, licencié notamment après avoir regardé un match de football au travail, ne devait pas être sanctionné de cette façon. Pour la Haute Cour de justice, les faits retenus contre lui restaient mineurs, ce qui rend le licenciement abusif.
L’affaire remonte à septembre 2024. Selon HuffPost Espagne, cet employé, présent dans l’entreprise depuis 2017, avait reçu une lettre de licenciement disciplinaire après l’examen d’images de vidéosurveillance tournées sur son lieu de travail.
Une sanction retoquée à deux reprises
Avant l’appel, une première décision avait déjà donné raison au salarié. À ce stade, Burger King devait soit le réintégrer, soit lui verser 15 000 euros d’indemnité.
La chaîne de restauration rapide a contesté ce jugement devant la Haute Cour de justice. Même issue. La juridiction a de nouveau tranché en faveur de l’employé et a considéré que les incidents invoqués ne suffisaient pas à justifier une rupture disciplinaire.
Ce que l’employeur reprochait vraiment
Le match de foot n’était qu’un élément du dossier. Sur les images, l’entreprise disait aussi avoir relevé des départs anticipés avant la fin de certaines journées, l’usage du téléphone pendant le service et le fait d’avoir retiré de la viande du gril à main nue.
Un autre grief figurait dans l’affaire, l’accusation d’avoir pris une boisson dans le réfrigérateur. Bon, là aussi, le dossier s’est affaibli ensuite.
Pourquoi certains faits ont été relativisés
La justice a examiné chaque point. Les départs plus tôt ont été replacés dans un contexte plus large, avec d’autres moments où ce gérant se déplaçait en urgence, y compris pendant ses vacances.
Pour la boisson, l’objet présenté comme volé se trouvait en réalité dans le tiroir réservé aux employés. Quant au visionnage du match sur téléphone, il a lui aussi été rangé parmi les incidents mineurs. C’est ce cumul d’éléments requalifiés ou relativisés qui a conduit les juges à parler d’un licenciement abusif.
Ce que cela rappelle aussi en France
Le dossier concerne l’Espagne, mais la source rappelle un point utile côté français. D’après Juri-travail.com, un salarié ne peut pas être licencié simplement pour avoir regardé une fois son téléphone au travail.
Mais il y a une limite, quand même. Un usage abusif, ou contraire au règlement intérieur, peut en revanche être sanctionné. Dans ce dossier, Burger King peut encore se tourner vers la Cour suprême.