Le lundi 13 mars dernier, le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a publié un rapport intitulé « Quand les enfants vont mal, comment les aider ? ». Un document révélant notamment qu’en 2021, les prescriptions de psychotropes pour les enfants et les adolescents ont très fortement augmenté.
Jeunesse : +155% de prescriptions d’hypnotiques et sédatifs entre 2014 et 2021
Dans le détail, partagé par franceinfo, entre 2014 et 2021, les antipsychotiques ont été 49% plus prescrits. La progression est plus importante encore pour les antidépresseurs (+63%), avec une exceptionnelle montée pour les hypnotiques et sédatifs (+155%). Assez logiquement, en ne se concentrant que sur l’année 2021, les chiffres sont moins grands, même si l’ordre de grandeur demeure : +16% pour les anxiolytiques, +23% pour les antidépresseurs et +224% pour les hypnotiques.
Des « dizaines de milliers d’enfants » concernés
Le rapport fait état d’une observation plus large que ce qu’on pourrait penser : « Ce phénomène de sur-médication ne concerne pas des cas isolés mais bien des dizaines de milliers d’enfants. Ces niveaux d’augmentation sont sans commune mesure (2 à 20 fois plus élevés) avec ceux observés au niveau de la population générale ». Et le HCFEA d’ajouter que « les enfants sont nettement plus exposés que les adultes à la souffrance psychique et aux difficultés psychologiques, mais aussi à la médication ».
Des patients en souffrance ne pouvant plus être reçus « dans des délais raisonnables »
« L’offre pédiatrique, pédopsychiatrique et médico-sociale est en recul et ne permet plus d’accueillir dans des délais raisonnables (délais d’attente de six à dix-huit mois) les enfants et les familles », déplore le Haut Conseil. Dans le même temps, « le nombre d’enfants en difficulté psychique augmente », avec des motifs divers : ces patients peuvent ne pas bénéficier de soins appropriés, sans compter les effets de « la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, l’éco-anxiété ».