En bref
- Un mineur visait son ancien lycée du Rhône
- Le parquet antiterroriste a repris l’enquête
- Le juge l’a laissé sous contrôle judiciaire
Un adolescent de 15 ans a été mis en examen vendredi 18 septembre 2026 à Paris pour un dossier de terrorisme lié à un projet d’attaque contre son ancien lycée, dans le Rhône. Le juge d’instruction a retenu le délit de participation à une entreprise individuelle terroriste. Le jeune a aussi été placé sous contrôle judiciaire.
Une qualification terroriste retenue à ce stade
Le dossier avait d’abord été suivi par le parquet de Lyon, avant d’être repris par le Parquet national antiterroriste. Une information judiciaire a été ouverte pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Mais au moment de la mise en examen, le juge a finalement retenu une qualification délictuelle, et non criminelle.
Ce point compte. Le Parquet national antiterroriste réclamait une détention provisoire. Le juge ne l’a pas suivi et a préféré un contrôle judiciaire, avec plusieurs obligations, notamment le respect d’un placement éducatif, un suivi psychologique et ou psychiatrique, ainsi que l’interdiction de détenir une arme.
Un projet visant son ancien établissement
Les enquêteurs soupçonnent le mineur d’avoir voulu s’en prendre à son ancien lycée, dont il avait été exclu. D’après des éléments du dossier, l’attaque apparaissait préparée, même si aucune date n’avait été fixée.
Dans ses affaires, les policiers ont retrouvé un sac contenant deux couteaux, une tenue de type militaire et une chaîne susceptible de bloquer les portes de l’établissement. L’hypothèse retenue, à ce stade, est celle d’une attaque visant de manière indifférenciée les élèves.
Un profil marqué par l’ultradroite et les tueries de masse
Les sources proches de l’enquête décrivent une idéologie avec des marqueurs plutôt liés à l’ultradroite. Elles évoquent aussi une fascination pour les tueries de masse. Ce sont des éléments d’analyse, pas encore des conclusions judiciaires définitives.
Autre point relevé, l’adolescent semble avoir été affecté par la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale tué en février à Lyon. Des références à son nom ont été retrouvées dans la chambre du suspect.
Des échanges en ligne au cœur des investigations
Le basculement vers l’antiterrorisme a notamment été motivé par l’exploitation du téléphone du jeune. Sur des conversations, en particulier via Snapchat, il aurait fait part de ses intentions à d’autres internautes.
Et ces échanges intéressent de près les enquêteurs, parce qu’il semble avoir reçu des encouragements. Son avocat, Eliott Amzallag, a insisté sur la nécessité d’un accompagnement éducatif et a plaidé pour travailler, selon ses mots, à « sa reconstruction » pendant la suite de l’information judiciaire.