Outre-mer One, un fonds à impact pour financer les entreprises ultramarines

À l’occasion de Choose Outre-mer, l’État français et INCO Ventures ont annoncé la création d’Outre-mer One, un fonds destiné à financer des entreprises ultramarines à fort impact social et environnemental.

Entrepreneuse lisant un dossier Outre-mer One
Image d'illustration. Un fonds vise les entreprises ultramarines. — ADN

Après avoir déjà réuni 34 millions d’euros de financements publics et privés, il vise une collecte totale de 50 millions. Quatre entreprises ultramarines figurent parmi les premiers investisseurs : le Groupe Bernard Hayot (GBH), présent dans l’ensemble des territoires ultramarins, le guadeloupéen GJG, ainsi que les deux acteurs guyanais SAF et Groupe Ho Tam Chay.

« Les Outre-mer ont de nombreux entrepreneurs talentueux qu’il faut accompagner. Ce fonds peut les aider à lever les obstacles et à accélérer leur développement », explique Rodolphe Hayot, directeur général de GBH, qui figure parmi les premiers investisseurs d’Outre-mer One.

Porté par INCO Ventures, soutenu par des acteurs publics et privés

Le 1er octobre 2026, le gouvernement a organisé la première édition de « Choose Outre-mer », un rendez-vous visant à renforcer l’attractivité des territoires ultramarins. Des grands groupes et des ETI y ont annoncé près de 6 milliards d’euros d’investissements, notamment dans les énergies renouvelables, le numérique, le tourisme, l’industrie et l’économie bleue. L’événement a également mis en avant l’entrepreneuriat local, avec la remise d’un prix à trois start-up – SOLICAZ, KOPA et UMA – et la présentation d’Outre-mer One, un fonds destiné à financer des entreprises ultramarines générant un impact social et environnemental.

Soutenu par l’État français, il repose sur des financements publics et privés réunis dans une logique de co-investissement. La société de gestion INCO Ventures a conçu et structuré Outre-mer One, avec le soutien de l’association Outre-Mer Network. Créée en 2015 à Station F, cette dernière accompagne les start-up ultramarines et organise le concours Innovation Outre-Mer : elle sera chargée de repérer les entreprises à financer et de les accompagner après l’investissement.

Des projets « économiquement solides » et à fort impact local

La création d’Outre-mer One part d’un double constat. Le premier tient aux fragilités structurelles des économies ultramarines : « un chômage deux à trois fois supérieur à celui de l’Hexagone, un PIB par habitant inférieur de 38 % en moyenne, 70 % de l’alimentation importée et une production électrique encore largement dépendante des énergies fossiles », selon l’Agence française de développement (AFD).

Le second constat est la vitalité entrepreneuriale : plus de 34 500 entreprises ont été créées dans les départements d’outre-mer en 2023. Leur croissance peut stimuler les économies locales, créer des emplois et accroître les recettes fiscales. Mais nombre de ces entreprises peinent à accéder aux capitaux nécessaires à cette croissance. Leurs besoins appellent des financements adaptés aux spécificités géographiques, économiques et sectorielles des territoires ultramarins.

Outre-mer One entend répondre à ces besoins. Pour Nicolas Hazard, fondateur d’INCO, l’objectif est « que les meilleures entreprises ultramarines n’aient plus à choisir entre rester sur leur territoire et grandir ». Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, rappelle que l’aide « n’est pas une subvention » : le fonds ciblera « des projets économiquement solides, capables de réussir tout en produisant un impact concret localement ».

Objectif : 50 millions d’euros

Outre-mer One articule sa stratégie d’investissement autour de trois priorités :

  • Préserver et valoriser les ressources naturelles : économie de la mer, exploitation raisonnée des ressources, gestion de l’eau, énergies renouvelables ;
  • Renforcer l’autonomie et décarboner l’économie : agriculture et agroalimentaire locaux, cleantech, gestion des déchets, mobilités durables ;
  • Accélérer la transition sociale : santé et accès aux soins, logement, emploi, formation et tourisme responsable.

Toujours en recherche d’investisseurs, le fonds a réalisé un premier closing de 34 millions d’euros, pour un objectif final de 50 millions. Il bénéficie du soutien de la Banque des Territoires et de l’Agence française de développement (AFD), par l’intermédiaire de Proparco, sa filiale dédiée au financement du secteur privé. Le tour de table comprend aussi la BRED Banque Populaire et SAFIDI, filiale d’EDF spécialisée dans le développement économique local et les prises de participation minoritaires. Thierry Déau, fondateur de Meridiam, a également investi à titre personnel.

De GBH à GJG, le secteur privé ultramarin mise sur Outre-mer One

Quatre entreprises ultramarines ont abondé Outre-mer One : GBH, groupe martiniquais présent dans l’ensemble des territoires ultramarins, notamment dans la distribution et l’automobile ; GJG, groupe guadeloupéen diversifié dans le BTP, l’immobilier, l’énergie, l’agriculture et la santé ; enfin, les entreprises guyanaises SAF, spécialisée dans la pêche et les produits de la mer, et le promoteur immobilier Ho Tam Chay.

« Je suis ultramarin, donc je crois en nos jeunes. Nous avons beaucoup de jeunes entrepreneurs ambitieux. Ils ont des idées, ils créent des entreprises, vont vers la réussite, mais manquent de moyens », indique Jacques Gaddarkhan, président de GJG. « GBH a été parmi les premiers à investir. Notre entreprise a commencé avec quelques salariés : nous connaissons les difficultés que connaît une entreprise pour grandir et se développer », explique Rodolphe Hayot à Outre-mer 360. « Je veux dire aux entrepreneurs : venez, soyez nombreux. Aidons cette jeunesse, aidons ces territoires à se développer », conclut-il.

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