Orléans Métropole se positionne pour racheter les actifs de Brandt

Image d'illustration. Une vaisselle bien lavéeADN
La métropole d’Orléans a officiellement déposé une proposition pour acquérir les actifs de Brandt, le groupe d’électroménager actuellement en difficulté, espérant ainsi préserver l’activité industrielle et les emplois liés sur son territoire.
Tl;dr
- Orléans propose de racheter Brandt pour éviter la vente à l’étranger.
- Deux autres offres en lice, dont EverEver et Thomson Computing.
- Bercy surveille attentivement l’avenir du groupe électroménager.
Une situation devenue critique pour Brandt
Au fil des semaines, la trajectoire de Brandt, longtemps considéré comme un pilier de l’électroménager français, n’a cessé de s’assombrir. La décision, rendue mi-décembre par le tribunal des activités économiques de Nanterre, de placer le groupe en liquidation a constitué un véritable séisme industriel. Depuis, la course à la reprise des actifs – usines comme marques historiques telles que Vedette, Sauter ou encore De Dietrich – suscite une mobilisation sans précédent, tant sur le plan local que national.
L’initiative audacieuse de la métropole d’Orléans
Dans ce contexte pour le moins tendu, la métropole d’Orléans a surpris en annonçant son intention de déposer une offre « sous condition » pour reprendre les actifs de Brandt. Cette décision vise avant tout à préserver l’ancrage français du fleuron centenaire, comme l’a expliqué Serge Grouard, maire et président de la métropole. D’un ton résolu, il a précisé : « Ce que je veux éviter, c’est que ces marques soient vendues à des repreneurs étrangers […] Notre offre tombe s’il y a des repreneurs français voulant reprendre ces marques au nom d’une entreprise française ». Cette proposition – d’au moins 300 000 euros – sera soumise au vote lors du prochain conseil métropolitain prévu début février.
Divers candidats à la reprise et doutes sur leur solidité
Parallèlement à cette annonce institutionnelle, d’autres acteurs tentent leur chance. La start-up bretonne EverEver, fondée en 2018 et engagée dans l’électroménager durable, a fait savoir mardi dernier son intérêt pour le site de Vendôme (Loir-et-Cher) où 95 salariés travaillaient encore récemment. Afin d’appuyer son projet, elle mise sur une levée de fonds participative ; toutefois, des interrogations subsistent quant à sa capacité financière réelle.
D’autre part, fin décembre, l’entrepreneur Stephan Français, dirigeant de Thomson Computing, avait soumis une proposition pour reprendre l’usine orléanaise (350 salariés), en élargissant les activités vers les produits informatiques.
L’État vigilant face aux enjeux stratégiques
L’affaire ne laisse pas indifférent du côté gouvernemental : selon Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, « Nous avons été et sommes encore mobilisés sur Brandt ». Une vigilance justifiée alors qu’au Sénat il a rappelé que « l’argent public devait être investi à bon escient ». À noter que les alternatives étudiées incluaient aussi un projet coopératif finalement écarté en décembre.
Si les prochains jours seront déterminants pour sceller le sort industriel du groupe historique, tous les regards restent tournés vers Orléans où se joue une bataille emblématique pour le maintien d’une industrie stratégique sur le sol français.