Un célèbre acquéreur donne un nouveau souffle aux doudounes JOTT de Marseille

Image d'illustration. Vue large d une boutique de vêtementsADN
La marque marseillaise de vêtements JOTT, réputée pour ses doudounes légères et colorées, vient d’être rachetée par un acteur déjà reconnu du secteur, assurant ainsi la poursuite de son développement après une période d’incertitude.
Tl;dr
- JOTT reprise par le fonds d’investissement Amoniss.
- 70 % des emplois et 27 magasins sauvés.
- Crise du prêt-à-porter fragilise le secteur français.
Une marque emblématique sauvée de l’effondrement
Depuis plusieurs mois, la survie de la marque marseillaise de doudounes JOTT, fondée en 2010, suscitait de vives inquiétudes dans l’écosystème local et bien au-delà. Lundi, le tribunal des affaires économiques de Marseille a finalement tranché : le fonds d’investissement Amoniss, déjà propriétaire de noms connus tels que Chevignon, Lee Cooper ou encore l’enseigne Pimkie, reprend les rênes de la société placée en redressement judiciaire.
Un secteur sous tension, un repreneur expérimenté
Cette issue s’inscrit dans un contexte où le marché du prêt-à-porter français fait face à une succession de crises majeures. De nombreuses marques, ébranlées par la montée en puissance du marché de la seconde main et par la concurrence agressive de la fast fashion asiatique, n’ont pas résisté à cette pression nouvelle. Malgré ces vents contraires, JOTT, qui emploie encore 254 personnes pour un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2025, garde une image forte : celle d’une réussite entrepreneuriale « Just Over The Top », issue de Marseille.
L’offre gagnante : emplois sauvegardés et continuité assurée
Face à deux autres propositions – dont l’une portée par des salariés associés à un des fondateurs via le « Projet Mars » –, l’offre d’Amoniss, évaluée à 3,5 millions d’euros, a été jugée la plus solide et ambitieuse. Elle garantit notamment la préservation de 70 % des effectifs ainsi que le maintien de 27 boutiques sur les 40 que compte l’entreprise. À titre de comparaison, l’alternative menée par les salariés prévoyait un maintien bien plus restreint :
- 34 % des emplois conservés seulement,
- 15 magasins maintenus contre 27 avec Amoniss.
La direction souligne également l’atout majeur du repreneur sélectionné : une équipe dirigeante aguerrie dans la mode française, déjà dotée d’une solide expérience en retournement d’entreprises.
L’avenir reste incertain hors Hexagone
Malgré ce souffle nouveau pour la maison mère française, tout ne s’arrange pas partout. La filiale gérant les boutiques aux Pays-Bas et en Belgique fait actuellement l’objet d’une procédure de liquidation devant les juridictions bruxelloises. À Marseille pourtant, certains comme Jocelyn Meire – président du syndicat régional Mode in Sud – veulent croire à ce nouveau départ : « La bonne nouvelle, c’est que JOTT va continuer à exister. » Selon lui, cette marque n’est pas tout à fait comme les autres ; elle porte une histoire singulière et demeure emblématique pour tout un territoire.
Ainsi s’ouvre une nouvelle page pour JOTT, entre sauvegarde partielle et espoir prudent.