Marseille : les prix des Airbnb vont-ils flamber cet été pour les vacanciers ?

Image d'illustration. MarseilleADN
À l’approche de la haute saison estivale, la location d’un logement sur Airbnb à Marseille s’annonce particulièrement coûteuse. L’offre se raréfie et les prix grimpent, compliquant la tâche des vacanciers en quête d’un hébergement abordable.
Tl;dr
- Réglementation stricte sur les meublés touristiques à Marseille.
- Offre en baisse, prix des locations estivales en hausse.
- Débat entre priorité résidentielle et attractivité touristique.
Un marché locatif chamboulé à Marseille
À l’approche de l’été, trouver une location courte durée dans le centre de Marseille relève pour beaucoup d’un parcours du combattant. Les réseaux sociaux bruissent de réactions interloquées : « Le prix des Airbnb à Marseille l’été : dingue », s’étonne un internaute, tandis qu’un autre s’exclame : « Je ne savais pas que Marseille, c’était devenu Monaco ». La flambée des tarifs et la raréfaction des offres s’expliquent par un contexte réglementaire durci.
Nouvelles règles et objectifs municipaux
Depuis le 1er janvier, la municipalité applique la loi Le Meur/Echaniz, abaissant la durée maximale de location d’une résidence principale à 90 nuitées par an, contre 120 auparavant. L’adjoint au Logement, Patrick Amico, justifie cette fermeté : « Marseille décide simplement d’appliquer la loi, rien que la loi, mais toute la loi ». Parallèlement, la transformation d’un logement familial en meublé touristique implique désormais de créer une surface équivalente ou supérieure de logement familial dans le même secteur — généralement via la reconversion d’un local commercial.
L’enjeu, pour la ville, est clair : lutter contre la crise du logement et limiter les nuisances liées aux meublés touristiques dans certains immeubles. D’après les chiffres municipaux, on compte aujourd’hui près de 12 900 meublés de tourisme, dont une majorité de résidences d’investisseurs. Dans certains quartiers comme le Panier, jusqu’à 30 % des logements seraient concernés.
Conséquences sur l’offre et les prix
Ces restrictions produisent déjà leurs effets. Pour mieux comprendre leur impact, voici quelques éléments saillants :
- L’offre sur Airbnb diminue nettement depuis ces mesures.
- La demande reste soutenue, ce qui fait grimper les prix.
- L’accessibilité aux logements se réduit pour les familles modestes.
Selon l’économiste Sylvain Dejean, spécialiste du sujet, Marseille suit ici une tendance déjà observée à Bordeaux ou même à New York. Là-bas, la quasi-interdiction des locations touristiques a déplacé le tourisme vers le New Jersey — où les tarifs augmentent également. À Marseille, le prix moyen atteint désormais environ 90 euros par nuitée, mais grimpe facilement au-dessus de 150 euros dans les quartiers prisés comme le Panier ou le 7e arrondissement.
Dilemmes économiques et pistes d’avenir
Ce resserrement réglementaire divise. Pour Nicolas Pauleau, président du Syndicat des Professionnels de la Location Meublée (SPLM Marseille-Provence), ces mesures risquent surtout d’asphyxier l’attractivité touristique : « Baisser les locations… ce sera moins de taxe de séjour et moins d’activités touristiques… On nous désigne comme responsables de tous les maux du logement alors qu’il faudrait réguler sans interdire ». Il propose davantage de contrôles ou des quotas adaptés selon les quartiers.
L’idée d’une fiscalité « progressive » séduit certains économistes : exonérer celui qui loue ponctuellement sa résidence principale mais taxer fortement ceux qui spéculent sur plusieurs biens en centre-ville. Pour l’heure, difficile encore d’anticiper pleinement l’impact sur le tissu urbain et social marseillais. Ce qui semble acquis cependant, c’est que la tension persiste entre régulation résidentielle stricte et préservation d’une vitalité touristique indispensable à la cité phocéenne.