Moscou exhorte les étrangers à quitter Kiev : une escalade du conflit ukrainien se profile

Image d'illustration. Détails de l architecture ukrainienne à kyivADN
Alors que la situation en Ukraine demeure tendue, les autorités russes ont exhorté les ressortissants étrangers à quitter la capitale ukrainienne. Cet appel suscite de nouvelles inquiétudes quant à une possible escalade du conflit sur le terrain.
Tl;dr
- Russie ordonne aux étrangers de quitter Kiev.
- Nouvelles frappes russes sur « centres de décision » annoncées.
- L’Ukraine et la France rejettent le « chantage russe ».
Une escalade des tensions à Kiev
Au lendemain d’une série de bombardements meurtriers, la situation s’envenime à Kiev. Lundi 25 mai 2026, la diplomatie russe a vivement exhorté les ressortissants étrangers, y compris les membres des missions diplomatiques, à quitter sans délai la capitale ukrainienne.
Un avertissement qui fait suite à l’utilisation, pour la troisième fois depuis le début du conflit, du missile de dernière génération Orechnik lors des frappes massives ayant touché ce week-end plusieurs villes d’Ukraine, dont Kiev. Le bilan officiel fait état d’au moins quatre morts et d’une centaine de blessés.
Moscou cible les « centres de décision »
Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé que de nouvelles frappes ciblant spécifiquement des « centres de décision » et des entreprises du complexe militaro-industriel étaient imminentes. Toutefois, aucun calendrier précis n’a été fourni.
À l’appui de ces menaces, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a insisté auprès du secrétaire d’État américain Marco Rubio sur la nécessité pour les États-Unis – ainsi que pour tous les pays disposant d’une présence diplomatique – d’évacuer leurs personnels de la ville.
Selon un communiqué russe : « Nous avertissons les ressortissants étrangers […] de quitter la ville dès que possible », en ajoutant que les habitants devraient éviter toute proximité avec les infrastructures militaires.
L’Ukraine refuse toute intimidation russe
Face à ces injonctions, la réaction ukrainienne n’a pas tardé. Le ministre des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a exhorté ses partenaires à « ne pas céder au chantage russe ». Il appelle également à renforcer le soutien militaire en faveur de l’Ukraine.
Même tonalité côté français : le ministère des Affaires étrangères écarte tout repli en affirmant que : « On a l’habitude des menaces de Poutine. Hors de question d’évacuer ».
Derrière les tensions : une escalade des représailles
En toile de fond, Moscou justifie cette pression par une attaque récente menée par des drones ukrainiens contre un dortoir à Starobilsk, dans la région occupée de Lougansk. Cette opération aurait coûté la vie à 21 personnes, principalement des adolescents. Selon le Kremlin, il s’agirait là d’une « attaque sanglante » qui franchit un nouveau seuil dans l’escalade.
Dans ce contexte, il convient aussi de rappeler que ce n’est pas la première fois que Moscou conseille aux missions étrangères de quitter Kiev avant d’intensifier ses offensives. Déjà lors du défilé du 9-Mai sur la place Rouge en 2025, ces avertissements avaient précédé une trêve temporaire obtenue in extremis grâce à l’intervention du président américain Donald Trump. La crainte d’un nouvel embrasement demeure palpable parmi les chancelleries occidentales comme au sein même de la population ukrainienne.