En bref
- Mediapart dit avoir authentifié des échanges de 2013
- Jordan Bardella conteste être l’auteur des messages
- L’affaire vise un acteur clé du RN
L’affaire prend une dimension politique plus lourde pour Jordan Bardella. Mediapart affirme avoir pu authentifier des messages antisémites datant de 2013, attribués à l’actuel président du Rassemblement national, alors jeune militant du FN. Le dirigeant du parti nie en être l’auteur.
Une authentification au cœur de l’affaire
Selon Mediapart, l’interlocuteur de Jordan Bardella a demandé à Meta un téléchargement de la conversation Messenger. Cette extraction a ensuite été authentifiée par un huissier.
Le journal explique que ce document permet de dater l’échange, d’attester qu’il n’a pas été modifié après coup et de confirmer que l’autre compte apparaît chez Facebook sous le nom de Jordan Bardella. Bon, cela ne clôt pas le débat à lui seul, mais c’est le socle technique mis en avant dans cette nouvelle salve de révélations.
Des indices biographiques dans la conversation
L’enquête ne s’appuie pas seulement sur le nom affiché du compte. Mediapart dit avoir relevé dans les messages plusieurs éléments de vie présentés comme compatibles avec le parcours du président du RN.
Il est notamment question d’une mère née en Italie, d’une interview accordée au Parisien en 2013 et d’un échec au concours de Sciences Po. Pour le journal, l’analyse du contenu vient donc renforcer l’idée qu’il s’agissait bien du vrai Jordan Bardella.
Des propos antisémites et une référence à Alain Soral
Les captures d’écran publiées montrent, d’après Mediapart, des propos visant les Juifs, les banques et ce que l’auteur des messages appelait une logique sioniste. Le même échange contient aussi une appréciation positive des analyses d’Alain Soral.
L’enquête publiée lundi évoquait déjà une forme de fascination pour l’idéologue antisémite et négationniste, qui avait rompu avec le FN en 2009. Résultat, le dossier dépasse la seule question technique de l’authentification et touche au positionnement passé d’une figure majeure du parti.
Le démenti de Jordan Bardella
Dans un long message publié mercredi sur X, Jordan Bardella a de nouveau rejeté ces accusations. Il avait déjà contesté formellement être l’auteur des messages mis en cause.
Le président du RN a écrit qu’il faisait face à « l’accusation la plus ignoble qui (l’)ait jamais visé ». L’enjeu est aussi électoral: selon la présentation faite par l’enquête, ces révélations tombent alors que Marine Le Pen, favorite des sondages, était censée pouvoir l’installer à Matignon en cas de victoire à la présidentielle.