En bref
- Les plantes réduiraient certains polluants intérieurs
- Elles pourraient aussi limiter la climatisation
- Les résultats restent très dépendants du contexte
On les achète souvent pour le salon. Pas pour la qualité de l’air. Pourtant, une large revue scientifique rappelle que les plantes d’intérieur ne jouent pas seulement un rôle esthétique, même si la prudence reste de mise sur l’ampleur réelle de leurs effets dans la vie courante.
Menée par l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, cette synthèse publiée dans Eco-Environment and Health a réuni 35 experts internationaux autour du Global Centre for Clean Air Research, ou GCARE. Leur travail a passé en revue des études venues de plusieurs pays pour comparer les performances de différentes formes de végétation en intérieur.
Derrière l’objet déco, un vrai effet sur l’air intérieur
Le point le plus concret concerne les polluants. D’après cette revue, les plantes en pot et les murs végétaux peuvent faire baisser certains contaminants de l’air de 10 à 30 %. Les chercheurs parlent surtout des composés organiques volatils, ces gaz émis par des peintures, des meubles ou des produits ménagers.
Toutes les solutions ne se valent pas. Les dispositifs dits passifs, comme une plante posée dans une pièce, aident déjà. Mais les systèmes qui font circuler activement l’air à travers les plantes et leur substrat se sont montrés plus efficaces, du moins dans des conditions contrôlées.
Un levier possible contre la chaleur dans les bureaux
L’autre intérêt touche au confort thermique. La présence de végétation à l’intérieur a été associée à des baisses de température allant de 0,5 à 4,5 degrés autour des plantes.
Ce n’est pas anecdotique. Dans certaines zones de bureaux, quelques systèmes de végétation intérieure pourraient réduire jusqu’à 27 % l’énergie nécessaire au refroidissement. En clair, moins de recours à la climatisation, au moins dans certains espaces bien précis.
Des résultats prometteurs, mais encore loin d’une certitude absolue
Mais tout dépend des conditions. La ventilation, la lumière, les espèces choisies et le type d’installation changent fortement les résultats. Une plante ne se comporte pas de la même façon dans une petite pièce sombre ou dans un open space bien ventilé.
Les auteurs soulignent aussi un problème classique en science appliquée, pas mal d’études ont été menées en laboratoire, dans de petites chambres d’essai et sur des durées courtes. De quoi mesurer un potentiel, oui, mais pas forcément ce qui se passe sur plusieurs mois dans un logement ou un immeuble occupé.
Ce que les chercheurs veulent mesurer maintenant
Prashant Kumar, directeur fondateur du GCARE et auteur principal, explique que « de plus en plus de preuves montrent que l’intégration de plantes en intérieur peut améliorer les espaces où nous vivons et travaillons ». Il ajoute que cette synthèse sert de première base pour mieux mesurer et prévoir ces effets selon l’environnement.
L’équipe veut aussi mieux comprendre l’impact des conditions extérieures et du changement climatique sur ces installations, surtout lors d’épisodes de chaleur et d’humidité extrêmes, quand une humidité mal gérée peut favoriser condensation ou moisissures.
Pour combler ce manque, Elisa Valentim Goulart et Hao Sun, eux aussi chercheurs au GCARE, défendent un cadre mêlant suivi des données et modélisation numérique. L’objectif est d’éclairer les choix de conception, de gestion et de politique du bâtiment. Le projet a été mené via le réseau Micro GREENIN Plus, financé par UKRI. C’est là que le sujet devient plus large, la plante d’intérieur quitte le simple registre déco pour entrer dans celui du bâtiment.