Médicaments GLP-1, une piste sérieuse désormais face au cancer du sein

Image d'illustration. Ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein.ADN
Trois études présentées à l’ASCO relient les traitements GLP-1 à moins de cancers du sein, moins de progression et une survie un peu meilleure.
En bref
- Trois études lient GLP-1 et meilleur pronostic
- Le risque de cancer baisse de 30,5 %
- Mais aucun lien causal n’est prouvé
Plus de 320000 femmes devraient recevoir un diagnostic de cancer du sein cette année aux États-Unis, et environ 40000 en mourraient. Dans ce contexte, les signaux présentés à la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology, à Chicago, retiennent l’attention, parce qu’ils pointent tous dans la même direction.
Trois signaux qui vont dans le même sens
Les nouveaux résultats concernent les médicaments GLP-1, déjà connus pour le diabète puis pour la perte de poids, comme l’Ozempic ou le Wegovy. Trois études observationnelles suggèrent un lien avec de meilleurs résultats face au cancer du sein.
Dans la première, les personnes ayant pris un traitement GLP-1 avaient 30,5 % de risque en moins d’être diagnostiquées. Dans une autre analyse portant sur plus de 12000 personnes atteintes d’un cancer du poumon, du sein, colorectal ou du foie, la maladie progressait vers un stade plus avancé chez 10 % des patientes atteintes d’un cancer du sein sous GLP-1, contre 20 % chez celles prenant un autre médicament contre le diabète. Une troisième étude, menée sur 137493 patientes, associe au moins trois mois continus de traitement GLP-1 à une survie globale supérieure de 6 % à cinq ans.
Ce que montre la plus grande analyse
L’étude la plus détaillée a été présentée par Elizabeth McDonald, radiologue spécialisée du sein à l’University of Pennsylvania. Son équipe a examiné les données de santé de plus de 110000 femmes âgées de 45 à 80 ans, avec un IMC d’au moins 25, donc en surpoids.
Parmi les participantes suivies entre 2022 et 2025, près de 14 % avaient une prescription documentée de médicament GLP-1. Les chercheurs ont tenu compte de l’âge, du diabète, de la densité mammaire, de la race, de l’origine ethnique et de l’IMC. En revanche, un point manque, la durée réelle de prise du traitement.
Elizabeth McDonald a insisté sur cette limite, en rappelant, « Notre étude était observationnelle et ne confirme pas de façon définitive une association entre les médicaments GLP-1 et une baisse de l’incidence du cancer du sein ». Elle estime malgré tout que ces résultats justifient d’explorer ces traitements comme outils possibles de prévention chez les femmes à haut risque.
Pourquoi ces médicaments intéressent les oncologues
Ces traitements imitent des hormones naturelles qui réduisent l’appétit et favorisent la perte de poids. Mais ce n’est peut-être qu’une partie de l’histoire. Les travaux cités évoquent aussi un effet sur l’inflammation et sur la réponse immunitaire.
Pour Mark David Orland, oncologue au Taussig Cancer Institute de la Cleveland Clinic, l’usage des GLP-1 était associé à une réduction significative de la progression du cancer dans quatre tumeurs solides, ce qui fournit un premier niveau de preuve intéressant. Même prudence chez Marcin Chwistek, du Fox Chase Cancer Center, qui rappelle, « Ce qui est nouveau ici, c’est la cohérence entre les types de tumeurs, et des données aussi larges et aussi cohérentes justifient un essai prospectif randomisé ».
Bon, le point clé reste là. Ces études n’établissent pas encore une cause directe. Mais à mesure que les usages des GLP-1 s’étendent, leur place possible en oncologie pourrait devenir l’un des dossiers à suivre de près dans les prochains mois.