En bref
- Marine Tondelier veut pouvoir interdire X pendant l’élection
- Elon Musk l’accuse de trahison envers la France
- La querelle relance le débat sur l’ingérence politique
La proposition de Marine Tondelier a mis le feu aux poudres. La cheffe des Écologistes, aussi candidate à la présidentielle, estime nécessaire de menacer des plateformes comme X d’une interdiction durant la campagne si des ingérences sont constatées en amont.
Pourquoi X s’est retrouvé dans le viseur
Interrogée le mercredi 5 août par Libération sur plusieurs affaires récentes d’ingérences russes dans la présidentielle, Marine Tondelier a défendu cette ligne. Elle vise d’abord les attaques organisées depuis l’étranger. Mais pas seulement.
Selon elle, l’algorithme de X pèse aussi lourd dans la vie démocratique. Elle a même accusé l’outil d’être entre les mains d’une personne installée aux États-Unis, porteuse d’une idéologie suprémaciste et désireuse, à ses yeux, de faire basculer l’Europe dans une forme de soumission aux États-Unis. Dans la même séquence, elle a aussi rappelé qu’Elon Musk avait clairement montré son souhait de voir Marine Le Pen élue en France.
Dear @elonmusk ,
I’m the French candidate to the French presidency you want to « shut down for treason against France » (what does that even mean …).
France does not need lessons in patriotism from a foreign billionaire who thinks he gets to decide which European political… https://t.co/UhRp260v0q
— Marine Tondelier (@marinetondelier) August 6, 2026
L’échange qui a fait monter la tension
Le lendemain, jeudi 6 août, Elon Musk a répondu directement sur X. Sous une publication évoquant la volonté de la dirigeante écologiste de fermer le réseau, le patron de la plateforme a écrit « J’exige qu’on la fasse taire pour trahison envers la France! ».
Marine Tondelier a répliqué sur le même réseau, en anglais puis en français. Elle s’est présentée comme la candidate française à l’élection présidentielle qu’il souhaitait faire taire pour trahison envers la France, avant d’ajouter que le pays n’avait pas à recevoir de leçons de patriotisme d’un milliardaire étranger prétendant décider quels responsables politiques européens devraient être réduits au silence.
Elle a aussi défendu une ligne plus large sur la démocratie, en écrivant « La démocratie n’est pas à vendre. Pas même à l’homme le plus riche du monde ». Puis une autre formule, plus politique, « je préfère être accusée de défendre la démocratie que d’essayer de l’acheter ».
Le fond politique derrière la passe d’armes
Cette confrontation ne tombe pas de nulle part. Mi-juillet, Elon Musk avait publiquement soutenu Marine Le Pen sur X, avec cette phrase, « Elle est le dernier espoir de la France ».
Au Rassemblement national, le vice-président Sébastien Chenu avait écarté les critiques. À ses yeux, le milliardaire américain ne commettait pas d’ingérence en s’exprimant ainsi, il donnait simplement son avis. C’est ce désaccord de fond, sur la frontière entre opinion et influence, qui nourrit aujourd’hui l’affrontement.