En bref
- Trois risques modifiables ressortent entre 45 et 65 ans
- Jusqu’à 12,6 années sans démence en plus
- L’étude montre une association, pas une causalité
Presque 13 années de vie sans démence. C’est le signal qui ressort d’une étude menée entre les États-Unis et la Chine, à partir des dossiers de 12 409 participants suivis pendant une durée médiane de 26 ans.
Près de 13 années en jeu
Le résultat tient à trois facteurs observés entre 45 et 65 ans : avoir une pression artérielle normale, ne pas avoir de diabète et ne pas fumer. Les personnes réunissant ces trois conditions étaient associées, en moyenne, à près de 13 années supplémentaires sans démence.
Les chercheurs, qui publient leurs travaux dans Neurology Open Access, avancent plus précisément jusqu’à 12,6 années de survie sans démence en plus quand la santé vasculaire à l’âge moyen reste optimale.
Pourquoi ces trois facteurs comptent ensemble
Ce n’est pas un hasard si ces trois variables se retrouvent côte à côte. Elles ont un point commun très concret : elles touchent la santé vasculaire, donc l’état des vaisseaux sanguins. Et c’est un peu l’infrastructure du cerveau. Si elle se dégrade, le risque ne concerne pas seulement le cœur.
L’étude a aussi tenu compte d’autres éléments, comme le sexe, l’âge, l’activité physique, l’origine raciale et la présence du gène APOE4, connu pour augmenter fortement le risque de maladie d’Alzheimer. Autre constat, les personnes cumulant les trois facteurs repérés mouraient aussi plus tôt.
Un signal fort, mais pas une preuve absolue
Bon, l’étude ne prouve pas un lien de cause à effet direct. Elle montre une association solide, ce qui n’est pas la même chose. Mais dans ce domaine, c’est déjà beaucoup.
L’épidémiologiste Josef Coresh, de New York University Langone Health, estime ainsi que ces résultats plaident pour une action active contre ces facteurs à l’âge moyen, afin de préserver la santé cérébrale pendant plus d’une décennie. Il rappelle aussi que 42 % des Américains risquent de développer une démence à un moment après 55 ans.
Des écarts selon le sexe et l’origine
Les données montrent aussi des différences nettes. Les femmes présentant les trois facteurs de risque vivaient en moyenne 18,1 années sans démence à partir du début de la période étudiée, contre 16,6 années pour les hommes.
Même contraste selon l’origine raciale étudiée : 19,6 années en moyenne pour les participants blancs, contre 16 ans pour les participants noirs. Josef Coresh juge que la réduction du risque vasculaire pourrait bénéficier à tous les groupes, avec un intérêt particulier pour certaines populations, notamment les adultes noirs, via des efforts de prévention plus ciblés.
Et ce n’est sans doute qu’un début. Les chercheurs veulent maintenant voir si des changements en cours de route, comme arrêter de fumer ou faire baisser sa tension, déplacent réellement le moment où la démence apparaît. Avec 10 millions de nouveaux cas chaque année dans le monde, ce glissement du regard, du simple diagnostic vers l’âge de survenue, risque de peser de plus en plus lourd.