Les associations alertent, une « bombe sociale » se profile dans la prise en charge des sans-abri

Entre manque de place d'hébergement d'urgence et manque de personnel, les associations craignent une véritable hécatombe chez les sans-abri dans les semaines à venir.

Dons aux associations
Image d'illustration. Dons aux associations — ADN

Alors que le froid s’est installé durablement dans l’Hexagone et que le plan Grand Froid a été activé, la situation de nombreux sans-abri reste extrêmement critique.

Plusieurs associations tirent la sonnette s’alarme et, même si le gouvernement a fourni de gros efforts dans la création de places d’hébergement, des milliers de personnes n’ont pas de solution et continuent de dormir dans la rue. Sans moyens humains et matériels supplémentaires, la situation ne fera que s’aggraver dans les semaines à venir.

5014 personnes sans solution

C’est le Collectif des associations unies (C.A.U), regroupant plusieurs association et porté notamment par la Fondation Abbé Pierre qui alerte sur la situation. Le 5 décembre dernier, 5014 personnes ayant appelé le 155 (le numéro d’urgence réservé aux sans-abri) n’ont pas pu se voir proposer une solution d’hébergement d’urgence.

56 % de ces appels concernaient des familles et le collectif estime à 1346 le nombre d’enfants qui ont dû dormir dans la rue. Des chiffres déjà alarmants, mais qui ne prennent en compte que les appels au 115 ayant abouti. Le service étant saturé, bon nombre de sans-abri renoncent à l’appeler.

Vers une « année noire »

Les 39 associations du C.A.U craignent que la situation ne cesse de se dégrader et évoquent une véritable « bombe sociale » alors que 600 personnes meurent déjà dans la rue chaque année en France. En effet, plusieurs phénomènes risquent d’amplifier la crise.

La première est la décision du ministère de l’Intérieur d’exclure la prise en charge dans l’hébergement d’urgence et le logement social des personnes faisant l’objet d’une OQTF. Aussi, la hausse des charges locatives liées notamment à la hausse des coûts de l’énergie risque de pousser certains ménages précaires à la rue. Une hausse des coûts qui impacte également les centres d’hébergement d’urgence qui voient leurs frais de fonctionnement exploser.

197.000 places d’hébergement d’urgence en France

Alors que 197 000 places d’hébergements d’urgence existent en France, le C.A.U demande des efforts supplémentaires aux pouvoirs publics, d’autant plus qu’une grande partie de ces places sont réservées à des publics spécifiques. Aussi, le manque d’effectif dans les associations ne permet pas de prendre en charge toutes les personnes qui en auraient besoin.

Le Collectif des Associations Unies « demande au gouvernement la mise en place d’actions cohérentes, concrètes et structurelles pour éviter la bombe sociale qui nous attend ».

Sebastien Veyrier

Spécialiste Société

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