Le Parlement valide la réforme du métier d’infirmier : quelles évolutions pour les soins et prescriptions ?

Image d'illustration. Gros plan sur des outils infirmiers sur une table de chevetADN
Le Parlement vient de valider une refonte du métier d’infirmier, qui élargit notamment leurs compétences en matière de consultations et de prescriptions. Ce texte marque une évolution majeure dans l’organisation des soins et le quotidien des professionnels de santé.
Tl;dr
- Réforme adoptée, nouvelles missions pour les infirmiers.
- Prescription et consultation infirmière désormais reconnues.
- Négociations attendues sur la rémunération.
Vers une reconnaissance accrue du rôle infirmier
Jeudi 19 juin 2025, le Parlement a définitivement adopté une réforme du métier d’infirmier, saluée comme un tournant majeur par l’ensemble de la profession. Alors que le grand public est resté largement à l’écart des débats, les acteurs du secteur évoquent une « petite révolution ».
Il faut dire que le texte, porté notamment par les députés Nicole Dubré-Chirat (Renaissance) et Frédéric Valletoux (Horizons), vient consacrer de nouvelles compétences pour les quelque 640 000 infirmiers et infirmières en France.
Nouvelles prérogatives et transformations majeures
La réforme entérine plusieurs avancées jugées historiques. Les notions de « consultation infirmière » et de « diagnostic infirmier » entrent dans le droit, redéfinissant un cadre professionnel figé depuis 2004. Désormais, certains examens médicaux et prescriptions de médicaments seront accessibles aux infirmiers, sous réserve d’une liste déterminée par arrêté. Cette évolution n’est pas sans susciter quelques remous : des syndicats de médecins s’inquiètent d’une possible perte de prérogatives.
Par ailleurs, la loi élève au rang de spécialité autonome les fonctions d’infirmière scolaire, une mesure attendue dans ce domaine spécifique.
Pistes pour améliorer l’attractivité du métier
Face à la désertification médicale et au vieillissement démographique, les actes quotidiens des soignants ont déjà beaucoup évolué. Pour reprendre les mots du ministre de la Santé, Yannick Neuder, il s’agit là d’une transformation profonde dans la manière dont on considère cette profession. Le sénateur macroniste Xavier Iacovelli, lui, souligne que ce texte ne se contente pas de soulager les médecins : il offre aussi « des perspectives de carrière attractives » aux soignants.
Voici ce que prévoit concrètement la réforme :
- Pouvoirs élargis : prescription limitée d’examens ou traitements spécifiques.
- Missions clarifiées : consultation et diagnostic désormais encadrés par la loi.
- Nouvelles spécialisations : reconnaissance pleine des infirmières scolaires.
Dossiers en suspens sur la rémunération
Si le volet organisationnel est désormais acté, l’épineuse question des salaires reste ouverte. La réforme stipule que ces nouvelles responsabilités devront s’accompagner de négociations tarifaires, en particulier pour les professionnelles exerçant en libéral. Une lettre officielle adressée à l’Assurance Maladie, véritable feuille de route gouvernementale, vient lancer le chantier tant attendu d’une revalorisation financière.
Cependant, l’opposition s’interroge : cette réforme pourrait-elle conduire à faire « travailler plus sans gagner plus » si un accompagnement budgétaire adéquat n’est pas mis en place ? Autant d’incertitudes qui montrent que si un cap symbolique vient d’être franchi pour la profession, tout n’est pas encore joué sur le terrain social.