La France bloque l’entrée de fruits, légumes et céréales étrangers traités avec des pesticides

Image d'illustration. Panier de produits colorés au marché françaisADN
La France annonce la suspension des importations de fruits, légumes et céréales étrangers ayant reçu des traitements pesticides interdits sur son territoire, une mesure qui vise à renforcer la sécurité sanitaire des aliments proposés aux consommateurs français.
Tl;dr
- Suspension immédiate d’importations de certains produits agricoles.
- Cinq substances phytosanitaires interdites sont ciblées.
- Mesure motivée par la colère des agriculteurs français.
Une suspension d’importations en réponse à la crise agricole
La publication, ce mercredi 7 janvier 2026, d’un arrêté interministériel au Journal officiel marque un tournant pour le secteur agroalimentaire français. Dès le lendemain, soit le 8 janvier, la France a décidé de suspendre l’importation et la commercialisation, à titre onéreux ou gratuit, de certaines denrées alimentaires originaires de « pays tiers à l’Union européenne ».
Derrière cette mesure se cache la volonté du gouvernement d’apaiser une situation devenue explosive du côté des agriculteurs. Ceux-ci dénoncent depuis plusieurs mois une concurrence jugée déloyale, notamment vis-à-vis des accords commerciaux avec l’Amérique du Sud.
Des substances phytosanitaires dans le viseur
Au cœur de cet arrêté, cinq substances actives, toutes interdites dans l’UE pour leur usage phytopharmaceutique. Les produits concernés sont variés : pommes, tomates, avocats ou encore céréales et laitues. La liste précise, accessible en annexe de l’arrêté, mentionne les pesticides suivants :
- Carbendazime et Bénomyl, utilisés sur fruits (pommes, agrumes, abricots), légumes (aubergines, choux) et céréales (blé, orge).
- Thiophanate-méthyl, aux applications similaires.
- Glufosinate, principalement employé sur les pommes de terre.
- Mancozèbe, retrouvé sur avocats, fraises, raisins de table ou melons.
Calendrier et portée de l’interdiction
Si la mesure entre en vigueur dès sa publication officielle – autrement dit immédiatement –, son terme reste conditionné.
En effet, « dès l’entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne ou à défaut un an après son entrée en vigueur », précise le texte. Il est donc attendu que la Commission européenne se prononce dans les dix prochains jours.
Un contexte politique tendu et des perspectives incertaines
Ce geste du gouvernement n’est pas anodin : il fait écho aux récentes promesses adressées aux agriculteurs mobilisés contre le très controversé accord UE-Mercosur. Même si beaucoup des importations visées proviennent d’Amérique du Sud, cette suspension concerne tous les pays pratiquant ces traitements phytosanitaires interdits dans l’UE.
Une précision apportée par le ministère de l’Agriculture en début de semaine pour souligner que ce cadre s’applique bien au niveau mondial. Voilà qui augure sans doute de nouveaux débats à Bruxelles et au sein des filières agricoles françaises.