En bref
- L’inflation atteint 3,0 % sur un an
- L’énergie explique l’essentiel de l’accélération
- L’alimentation et les services suivent aussi
Le chiffre repasse au-dessus d’un cap symbolique. En septembre, les prix à la consommation augmentent de 3,0 % sur un an en France, selon l’estimation provisoire publiée par l’Insee. En août, la hausse était encore de 2,4 %.
Ce mouvement compte parce qu’un tel rythme n’avait plus été observé depuis plus de deux ans. La dernière fois, c’était en février 2024, au moment où l’économie française sortait encore difficilement de la spirale inflationniste déclenchée deux ans plus tôt par l’invasion russe en Ukraine.
Le retour d’un seuil que la France n’avait plus vu
L’accélération est nette, et elle arrive en cette fin d’été. Pour beaucoup de ménages, elle se voit vite, à la station-service, dans les courses, ou dans certaines dépenses de services. Mais le point important, ici, c’est le rythme : en un mois, on passe de 2,4 % à 3,0 % sur un an.
L’Insee parle d’une hausse portée par plusieurs postes à la fois, même si tous ne jouent pas le même rôle.
L’énergie reste le vrai moteur de la poussée
Le principal facteur, c’est l’énergie. Les prix du gaz et ceux des produits pétroliers progressent davantage qu’en août, ce qui alimente directement la reprise de l’inflation.
Ce n’est pas un détail. Quand l’énergie repart, son effet déborde souvent sur le reste, parce qu’elle touche à la fois les transports, certaines factures et une partie des coûts supportés par les entreprises.
Services et alimentation ajoutent une pression diffuse
Les services participent aussi à cette accélération, avec une hausse annuelle légèrement plus marquée. L’explication avancée tient à la comparaison avec septembre 2025, mois où la baisse habituelle des tarifs après la saison estivale, dans l’hébergement et les transports notamment, est moins importante cette année.
Du côté de l’alimentation, la hausse s’intensifie également. Les produits frais progressent davantage. Pour les produits manufacturés, la baisse observée sur un an ralentit. Les prix du tabac, eux, évoluent au même rythme qu’en août.
Une hausse française, dans un contexte européen tendu
La France n’est pas un cas isolé. En Espagne, l’inflation devrait approcher les 5 % sur un an en septembre, là aussi sous l’effet des prix de l’énergie, d’après l’Institut national de la statistique (INE).
La nuance, quand même, c’est que la Banque de France estimait à la mi-septembre que le pays devrait conserver une inflation plus faible que celle de plusieurs voisins européens. Reste que le retour à 3 % montre une chose simple : la détente sur les prix n’a rien d’acquis.