En bref
- L’inflation cumulée atteint 13,6 %
- Le SMIC dépasse la hausse des prix
- Le salaire moyen reste légèrement derrière
Entre le début 2022 et l’été 2026, la hausse des prix a atteint 13,6 %. C’est ce chiffre qui permet de lire vraiment l’évolution des revenus en France : non pas en regardant les augmentations seules, mais en les comparant à ce que l’inflation a grignoté au passage.
Une même inflation, trois trajectoires
Sur le papier, retraites, salaires et SMIC ont tous été revalorisés depuis 2022. Dans les faits, ils n’ont pas avancé au même rythme. Et c’est là que le sujet devient concret pour le pouvoir d’achat.
Les données de l’Insee et de la Dares montrent un paysage assez net. Les pensions ont globalement suivi les prix. Le salaire mensuel de base, lui, a connu un rattrapage plus tardif. Quant au SMIC, il a fini au-dessus.
Les retraites ont presque tenu le rythme
Côté pensions, le mécanisme joue comme un amortisseur. Les revalorisations étant liées à l’évolution des prix, les retraités ont été plutôt protégés pendant cette séquence inflationniste.
Un exemple résume bien la logique. Après une inflation de 4,9 % en 2023, les retraites ont été relevées de 5,3 % au 1er janvier 2024. Résultat, sur l’ensemble de la période, la hausse des pensions atteint 13,85 %. C’est presque au niveau exact de l’inflation cumulée.
Le salaire moyen a rattrapé, mais trop tard
Pour les salariés rémunérés autour du salaire moyen, le tableau est moins favorable. Le Salaire mensuel de base, ou SMB, a d’abord progressé moins vite que les prix en 2022 puis en 2023.
Il y a bien eu un redressement ensuite. En 2024 et 2025, les hausses ont dépassé l’inflation. Mais le retard pris au départ n’a pas été totalement effacé. Au bout du compte, le SMB grimpe de 12,85 %, donc légèrement sous les 13,6 % d’inflation.
Pourquoi le SMIC sort gagnant
Le cas le plus marquant, c’est celui du SMIC. Grâce à ses revalorisations automatiques déclenchées par la hausse des prix, il n’a pas seulement suivi le mouvement, il l’a dépassé.
Entre février 2022 et août 2026, la hausse atteint 16,47 %. C’est davantage que l’inflation, davantage aussi que les retraites, et plus nettement encore que le salaire moyen. Dit autrement, dans cette période où tout a coûté plus cher, le revenu minimum a été celui qui a le mieux résisté.
Ce décalage dit quelque chose d’assez simple sur la période. Quand l’indexation est automatique, la protection est plus rapide. Quand l’ajustement dépend davantage du calendrier salarial, le rattrapage existe, mais il arrive après le choc.