En bref
- 70 pièces d’or Tudor trouvées dans un jardin
- Le trésor est estimé à 260 000 euros
- Une vente aux enchères est prévue à Zurich
Sous une motte de terre, il n’y avait pas seulement de l’or. Il y avait aussi un morceau d’histoire anglaise. À Milford-on-Sea, dans le Hampshire, un couple de quinquagénaires a mis au jour un trésor remontant à l’époque des Tudor, aujourd’hui estimé à 260 000 euros, avec une question qui reste entière, qui l’a caché là, et pourquoi personne n’est jamais revenu le récupérer ?
Un butin sorti de terre pendant le confinement
La découverte remonte à 2020. En plein confinement, le couple désherbait simplement son jardin quand il est tombé sur des pièces d’or enfouies dans une terre argileuse depuis plus de cinq siècles.
Au départ, 64 monnaies ont été sorties de terre. Le trésor a été signalé aussitôt aux autorités, puis des fouilles archéologiques complémentaires ont permis d’en retrouver six autres. Résultat, 70 pièces au total.
L’ensemble a ensuite été confié au British Museum, chargé d’en confirmer l’origine et la valeur. Et c’est là que la trouvaille a changé de catégorie. On n’était plus dans l’anecdote de jardinage, mais dans un dépôt monétaire d’un intérêt historique réel.
Des monnaies Tudor dans un état rare
L’expertise du British Museum a daté les pièces entre les années 1420, sous le règne d’Henri VI, et 1537, sous celui d’Henri VIII. Certaines portent même les initiales de deux épouses du roi, Catherine d’Aragon et Jane Seymour.
Pour David Guest, le commissaire-priseur chargé de la vente, il s’agit d’un trésor fantastique. Il a aussi décrit des monnaies dans « un état de conservation remarquable ». C’est un détail, mais un détail qui compte beaucoup sur ce type de lot, parce que l’état fait grimper la valeur autant que la rareté.
L’estimation actuelle atteint 230 000 livres sterling, soit environ 260 000 euros. Et l’intérêt déjà manifesté par des collectionneurs comme par des investisseurs laisse penser que les enchères pourraient aller plus haut.
Un propriétaire disparu, une vente très attendue
L’hypothèse principale mène vers un riche ecclésiastique lié au prieuré voisin de Christchurch. Au moment où les pièces auraient été enterrées, Henri VIII lançait la dissolution des monastères et des prieurés catholiques pour récupérer leurs richesses. Cacher cet or aurait donc pu être une mesure de protection.
Une autre piste existe, celle d’un marchand fortuné. Dans tous les cas, le propriétaire devait être très riche. À l’époque, la valeur nominale du trésor, 26 livres sterling, suffisait à acheter une maison.
La suite est désormais fixée. La vente aux enchères aura lieu le 5 novembre à Zurich, organisée par David Guest Numismatics. Particularité du dossier, le couple est à la fois découvreur et propriétaire du terrain. Il touchera donc l’intégralité du produit de la vente. Cinq siècles plus tard, cette cache d’or raconte encore la même chose, la grande histoire laisse parfois ses traces dans les gestes les plus ordinaires.