Hémorroïdes : le mythe que ce spécialiste veut faire tomber

Non, les hémorroïdes ne sont pas toujours une maladie. Un spécialiste rappelle leur rôle normal, les signes d’alerte et quand il faut consulter vite.

Gros plan d'une toilette de salle de bain moderne avec des lignes élégantes et un design minimaliste.
Image d'illustration. Gros plan de toilette moderne — ADN

En bref

  • Tout le monde a des hémorroïdes naturellement
  • Le saignement doit être évalué par un spécialiste
  • La chirurgie n’est pas systématique

On parle souvent des hémorroïdes comme d’une maladie en soi. C’est faux. Le point de départ, c’est qu’elles font partie de l’anatomie normale.

Le docteur Daniel Adolfo Melero-Montes, spécialiste en chirurgie générale et digestive à HM Hospitales, rappelle que ces structures vasculaires se trouvent à l’extrémité du rectum et de l’anus. Elles ressemblent, dit-il, à « de petits coussins de veines » utiles pour aider à la continence. Le problème commence quand elles augmentent de volume, s’enflamment et provoquent des symptômes. C’est là qu’on parle de maladie hémorroïdaire.

Ce que sont vraiment les hémorroïdes

Dans les faits, tout le monde en a. Cette précision compte, parce qu’elle évite de voir le moindre inconfort comme un trouble grave, mais aussi de croire qu’un symptôme typique suffit à poser un diagnostic.

Quand la pression augmente dans la zone, ces veines peuvent gonfler plus que la normale. Et là apparaissent les signes les plus connus, avec des tableaux très variables d’une personne à l’autre.

Le symptôme à ne pas banaliser

Le signal le plus fréquent, c’est le saignement au moment d’aller à la selle, souvent rouge vif, visible sur le papier ou sous forme de gouttes. Il peut aussi y avoir des démangeaisons, une gêne locale, parfois une boule, et plus rarement une douleur si une complication survient.

Mais c’est justement sur le sang que Daniel Adolfo Melero-Montes appelle à la prudence. Même si les hémorroïdes sont souvent en cause, ce symptôme peut aussi correspondre à d’autres problèmes, parfois plus sérieux. Il déconseille donc d’en déduire seul qu’il s’agit d’hémorroïdes, surtout en cas de douleur persistante ou de masse qui ne s’améliore pas en quelques jours.

Le médecin ajoute que la douleur n’est pas le premier signe évocateur. Elle peut renvoyer à autre chose, comme une fissure ou un abcès anal. Et un saignement attribué trop vite aux hémorroïdes peut retarder l’identification d’une cause plus grave, notamment un cancer colorectal.

Des habitudes qui comptent vraiment

Autre idée reçue, l’âge ne rend pas le problème inévitable. Les habitudes pèsent lourd. La constipation, les efforts répétés à la selle, le manque d’activité physique, le fait de rester longtemps assis, une alimentation pauvre en fibres, boire trop peu, le surpoids, la grossesse ou l’accouchement peuvent favoriser les poussées. Certaines personnes ont aussi une prédisposition génétique.

Pas automatiquement le bloc opératoire

La bonne nouvelle, c’est que la majorité des cas ne finissent pas au bloc. Le plus souvent, une correction des habitudes suffit, parfois avec des traitements peu invasifs. Les crèmes, les pommades, les bains d’eau tiède ou un ajustement de l’alimentation peuvent soulager un épisode léger.

En revanche, si l’hémorroïde est déjà très développée ou si les épisodes reviennent sans cesse, ces solutions ne règlent pas le fond du problème. Pour limiter le risque, Daniel Adolfo Melero-Montes recommande surtout de boire assez, manger des fibres, bouger, garder un poids adapté, éviter de forcer et ne pas attendre trop longtemps avant d’aller aux toilettes. Ce sont des gestes simples, mais c’est souvent là que tout se joue.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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