En bref
- Après son expérience sur BioShock, Guillermo del Toro ne veut plus adapter de jeux vidéo.
- Il juge cette expérience particulièrement mauvaise sur le plan professionnel.
- Guillermo del Toro considère surtout que les mécaniques et la liberté propres aux jeux sont difficiles à reproduire dans un film.
Guillermo del Toro ne veut plus entendre parler d’un film tiré d’un jeu vidéo. Interrogé sur le sujet par le média IGN, le réalisateur mexicain a répondu « jamais », avant d’en remettre une couche avec un refus encore plus sec. Le message est limpide.
Un non catégorique qui ne laisse presque aucune place au doute
Dans cet échange, Guillermo del Toro explique qu’il n’a rien contre l’existence de ces adaptations. Ce qu’il refuse, c’est d’en refaire une lui-même. Et vu la fermeté du ton, on n’est pas dans la petite phrase lancée à la va-vite.
Ce refus vise les jeux qui existent déjà, même si certains univers semblaient taillés pour lui. La tentation était facile à imaginer, surtout avec des mondes sombres ou peuplés de créatures. Mais pour lui, c’est terminé.
Le mauvais souvenir BioShock a tout bloqué
La vraie cassure, c’est BioShock. Guillermo del Toro raconte avoir eu plusieurs appels professionnels pendant cette tentative d’adaptation, sans préciser avec qui. Il les décrit comme parmi les plus désastreux de sa carrière.
Résultat, l’expérience l’a vacciné. Son rejet ne semble pas lié à un seul interlocuteur, mais plutôt à quelque chose de plus large, la difficulté même de transformer ce type de matériau en film.
Pourquoi un jeu ne se transpose pas comme un simple scénario ?
Pour Guillermo del Toro, la question n’est pas visuelle. Un jeu vidéo et un film peuvent se ressembler dans leur mise en scène, avec des mouvements de caméra ou une certaine grammaire d’image. Le problème est ailleurs, dans la façon de raconter.
Il rappelle qu’un joueur résout des énigmes, assemble des éléments, avance par ses choix. En parlant de InSane, son projet de trilogie vidéoludique annoncé en 2010 puis annulé en 2012, il évoque une structure en forme de mandala. L’idée était de donner l’illusion d’un immense bac à sable, tout en guidant discrètement le joueur vers le cœur du récit. Adapter cette logique en cinéma, clairement, c’est là que ça coince.
BioShock reste un casse-tête pour Hollywood
Le cas BioShock ne s’est d’ailleurs pas arrêté à lui. Gore Verbinski a aussi été lié au projet, avant de buter sur un autre mur, l’impossibilité d’obtenir le budget voulu tout en gardant une classification réservée aux adultes, qu’il jugeait nécessaire.
De son côté, Netflix travaille depuis au moins quatre ans sur une adaptation avec Francis Lawrence à la réalisation. Mais aucun tournage n’a encore commencé, et une baisse de budget a déjà été actée.
Quant au jeu InSane, il n’a jamais vu le jour après la faillite de THQ, l’éditeur impliqué à l’époque. Guillermo del Toro, lui, a aussi répété après cette aventure-là que ce serait « plus jamais ». Un refus répété deux fois, chez lui, ça sonne comme une vraie fin. Et ça colle avec une autre envie qu’il a déjà formulée, se consacrer un jour uniquement à l’animation.