Grève historique en Belgique : transports, écoles et vols à l’arrêt dès aujourd’hui

Image d'illustration. Eurostar arrivant à la gare animée de BruxellesADN
Dès ce lundi, la Belgique connaît un important mouvement social : les transports internationaux comme l’Eurostar et le trafic aérien sont perturbés, tandis que de nombreux établissements scolaires ferment, marquant la plus forte mobilisation depuis quatre décennies.
Tl;dr
- Grève massive de trois jours en Belgique dès lundi.
- Transports, écoles, crèches et hôpitaux fortement perturbés.
- Syndicats dénoncent un « démantèlement social » du gouvernement.
Un mouvement d’une ampleur inédite depuis les années 80
Le royaume de Belgique s’apprête à vivre une semaine particulièrement tendue. Dès ce lundi 24 novembre 2025, une grève de grande ampleur vient perturber le pays, mobilisant l’ensemble des principaux syndicats contre la politique du gouvernement de Bart De Wever.
Ce mouvement social, qui s’annonce comme le plus important depuis les années 80 selon plusieurs sources dont Le Monde et RFI, vise directement les réformes jugées « démantèlement social » par ses opposants.
Des transports à l’arrêt et des services publics impactés
La mobilisation s’organise en trois vagues successives. Ce lundi marque le début de la contestation avec l’arrêt partiel des transports publics. La SNCB, exploitant national des chemins de fer, prévoit la circulation d’un train sur deux, voire d’un sur trois sur certaines lignes. Plusieurs liaisons Eurostar entre Bruxelles et Paris ont déjà été supprimées.
Mardi 25 novembre, le secteur public prend le relais : écoles, crèches mais aussi administrations et hôpitaux verront leurs effectifs réduits ou fermés. Enfin, mercredi promet d’être décisif : aucun vol commercial ne décollera des aéroports de Bruxelles-Zaventem ou Charleroi, les sociétés anticipant un fort taux de grévistes chez les agents chargés des contrôles de sécurité.
Les raisons d’une colère sociale persistante
Si la tension atteint aujourd’hui un sommet, c’est que les annonces du gouvernement suscitent une vive inquiétude. Depuis son arrivée au pouvoir en février dernier, Bart De Wever, chef du parti conservateur flamand, tente d’imposer une série de réformes structurelles pour assainir les finances publiques – la Belgique affiche l’un des pires taux d’endettement de la zone euro.
Parmi ces mesures figurent la libéralisation accrue du marché du travail, un durcissement des droits au chômage et une réforme des retraites. Toutefois, seules quelques-unes ont vu le jour : sa coalition composée de cinq partis peine à s’entendre sur l’ampleur et la nature des économies à réaliser, surtout face à une hausse concomitante du budget militaire.
Syndicats vent debout face à un « démantèlement social »
Le climat reste électrique : dans leur communiqué commun, les syndicats insistent sur « un appel au Premier ministre Bart De Wever et à l’ensemble du gouvernement pour qu’ils mettent fin au démantèlement social ». Les mots employés sont forts : la FGTB dénonce le « mépris » et le « manque de respect » affichés par l’exécutif envers la mobilisation sociale. Les grandes manifestations se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement ; la plus impressionnante remonte à octobre dernier lorsque plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les rues de Bruxelles contre ce qu’elles qualifient de coupes budgétaires « brutales ». Une pression politique qui ne faiblit pas alors que la coalition doit encore s’accorder avant Noël sur ses choix budgétaires.
Au fil des jours prochains, chacun observera si ce bras de fer entre syndicats et exécutif débouche sur un compromis… ou bien accentue encore le fossé social dans le pays.