Gifi demande le redressement judiciaire, un nouveau cap sous tension

Fragilisé depuis 2023 et bousculé par la concurrence, Gifi va demander son redressement judiciaire. Les magasins restent ouverts, sans effet immédiat sur l’emploi.

Logo Gifi refermé sur un employé
Image d'illustration. Gifi vise un redressement judiciaire. — ADN

En bref

  • Gifi va demander son redressement judiciaire
  • Les magasins restent ouverts pour l’instant
  • Aucun effet immédiat annoncé sur l’emploi

Pour les clients, le message est simple. Les magasins de Gifi restent ouverts. Pour l’enseigne, en revanche, le moment est bien plus lourd, avec une demande de redressement judiciaire destinée à permettre la poursuite de l’activité.

Cette décision a été annoncée mardi aux salariés par Patrick Puy, nouveau président du directoire du groupe. Gifi, qui compte 6.000 salariés en France, doit maintenant engager les démarches auprès du tribunal compétent.

Ce que Gifi demande exactement

Le recours au redressement judiciaire n’est pas présenté comme un arrêt, mais comme une protection. Dans le message transmis aux équipes, Patrick Puy explique que le marché s’est nettement dégradé pendant l’été et que l’enseigne n’a pas échappé à ce recul.

L’idée, en gros, est de placer l’entreprise sous la protection de la justice commerciale pour continuer à fonctionner pendant qu’une solution est recherchée. Dit autrement, Gifi cherche du temps et un cadre pour tenter de se réorganiser.

Magasins ouverts, emploi inchangé à ce stade

Sur le terrain social, Patrick Puy assure qu’il n’y a aucune conséquence immédiate sur l’emploi. Aucun nouveau PSE n’est engagé à ce stade, et les contrats de travail restent inchangés.

Même ligne pour l’activité commerciale. Les points de vente restent ouverts, ce qui compte forcément pour les salariés, mais aussi pour les fournisseurs et les clients. Dans ce type de procédure, c’est souvent le premier signal que tout le monde attend.

Une crise qui ne date pas d’hier

Les difficultés de Gifi ne sont pas nées cet automne. Le groupe, basé à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, traîne depuis 2023 les conséquences de l’échec d’un changement de système informatique.

À cela s’ajoute une pression concurrentielle devenue plus dure. Action, Temu et Maxibazar grignotent le terrain sur le créneau du discount et des achats du quotidien, un secteur où le prix et la logistique pèsent tout de suite très lourd.

Ce qui se joue maintenant pour l’enseigne

Fondé en 1981, Gifi avait déjà envisagé en 2025 de supprimer 5 % de ses effectifs, avant de suspendre ce projet. Le groupe a aussi engagé des discussions avec Grand Frais pour céder une trentaine de magasins, sur un parc d’environ 500 points de vente.

Bon, le redressement judiciaire ne règle rien à lui seul. Mais il marque un tournant très concret, après des mois de fragilisation. Ce qui comptera désormais, ce sera la capacité de Gifi à stabiliser son activité sans casser davantage son réseau, un point qui dépasse l’enseigne elle-même dans un commerce discount déjà sous forte pression.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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