George Ferris, l’ingénieur qui a voulu rivaliser avec Eiffel

Pensée pour frapper aussi fort que la Tour Eiffel, la grande roue de George Ferris a marqué l’Exposition de 1893. Une idée d’abord tournée en ridicule.

Ingénieur devant plans Eiffel et Ferris
Image d'illustration. Ferris voulait rivaliser avec Eiffel. — ADN

En bref

  • La roue visait à rivaliser avec la Tour Eiffel
  • Le projet de George Ferris fut d’abord moqué
  • L’attraction a lancé un modèle repris partout

En 1893, l’Amérique veut elle aussi son choc visuel. Quelques années après le triomphe de la Tour Eiffel à Paris, l’Exposition colombienne cherche une création capable de marquer les esprits. C’est là que George Ferris entre en scène, avec une idée simple sur le papier et énorme dans les faits, construire la plus grande roue du monde.

Une réponse américaine à l’effet Tour Eiffel

L’enjeu dépasse la simple attraction. Il faut un objet unique, original, assez fort pour donner à la foire de 1893 un symbole aussi puissant que celui laissé par la tour parisienne. George Ferris saisit l’occasion, avec une ambition claire, provoquer le même engouement international, mais cette fois sur le sol américain.

Un projet jugé fou, puis mené jusqu’au bout

Au départ, son idée ne convainc pas grand monde. Certains se moquent franchement de lui et le décrivent comme un homme ayant « des roues dans la tête ». Mais l’ingénieur tient bon.

Et il livre. L’Exposition colombienne lui impose un calendrier et un budget d’environ 368 000 euros (400 000 dollars). George Ferris respecte les termes du contrat, malgré les doutes. C’est souvent là que ce type de projet bascule, entre le dessin et le chantier. Lui passe le cap.

Une machine géante pour son temps

La roue devait dépasser le plus haut bâtiment de Chicago de l’époque. Elle pouvait embarquer 2 000 personnes en une seule fois, pour un ensemble annoncé à 1 200 tonnes. Pour l’entraîner, il fallait un moteur de 1 000 chevaux.

Aujourd’hui, ces chiffres paraissent moins vertigineux. Les records ont changé d’échelle. Mais à la fin du 19e siècle, la prouesse technique a de quoi impressionner, et même franchement.

Un succès rapide, mais un inventeur disparu trop tôt

La grande roue devient l’un des moteurs du succès de l’Exposition colombienne. Le principe s’exporte ensuite dans d’autres grandes villes. Le texte cite notamment le London Eye en Angleterre et la grande roue de Beijing, en Chine.

Le contraste est rude. George Ferris meurt d’une fièvre seulement trois ans après la fin des travaux. Il ne verra donc pas pleinement l’installation entrer dans le paysage des villes et dans l’imaginaire collectif, comme attraction populaire mais aussi comme rendez-vous des amoureux.

Avant la roue, un ingénieur déjà lancé

Si son nom reste collé à cette invention, son parcours avait commencé bien avant. À 24 ans, George Ferris travaille déjà sur le pont Henderson. Quelques années plus tard, il fonde sa propre entreprise, avec des activités à Pittsburgh, New York et Chicago. Autrement dit, quand l’Exposition colombienne fait appel à lui, ce n’est pas un inconnu.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi la grande roue de George Ferris a-t-elle autant compté ?

Parce qu’elle ne servait pas seulement à divertir. Elle devait aussi incarner une puissance technique et attirer le public, comme l’avait fait la Tour Eiffel quelques années plus tôt. Son importance tient autant à son effet symbolique qu’à son fonctionnement.

Qu’est-ce que l’Exposition colombienne de 1893 ?

Il s’agit d’une grande foire organisée en 1893. Ce type d’événement rassemble innovations, architecture et démonstrations techniques. Dans ce cadre, une attraction spectaculaire peut devenir la vitrine entière d’une édition.

La roue de Ferris était-elle vraiment exceptionnelle pour l’époque ?

Oui. La capacité annoncée, le poids total, la hauteur visée et la puissance du moteur montrent une installation hors norme pour la fin du 19e siècle. Ce qui semble classique aujourd’hui ne l’était pas du tout alors.

Pourquoi parle-t-on encore de cette invention aujourd’hui ?

Parce que le modèle a survécu à son créateur. La grande roue s’est imposée dans de nombreuses villes, à la fois comme attraction et comme point de vue sur la ville. C’est une idée technique devenue un objet de culture populaire.

Jennifer Larcher

Spécialiste Divertissement

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