Nomads : l’étrange préambule à Predator et Die Hard de John McTiernan

Bien avant Predator ou Die Hard, John McTiernan lançait sa carrière avec un film d’horreur étrange porté par Pierce Brosnan.

Nomads
Image d'illustration. Nomads — Atlantic Releasing Corporation / PR-ADN

En bref

  • Nomads de John McTiernan, longtemps mal reçu, est aujourd’hui redécouvert pour son étrangeté.
  • Pierce Brosnan y joue un anthropologue confronté à des esprits maléfiques dans Los Angeles.
  • Hybride et expérimental, le film Nomads apparaît comme une étape clé avant Predator et Die Hard.

On associe spontanément John McTiernan à l’action, aux gros morceaux des années 1980 et 1990, pas à un film d’horreur tordu avec Pierce Brosnan. Et pourtant, son premier long métrage, Nomads, sorti en 1986, part exactement dans cette direction.

Avant l’action pure, un détour par l’étrange

Quand on repense à la carrière de John McTiernan, on voit surtout Predator, puis Die Hard, et plus tard Last Action Hero. Résultat, Nomads a longtemps ressemblé à une curiosité perdue dans sa filmographie. Le film a été mal reçu à sa sortie, et comme les succès suivants du réalisateur jouaient sur un terrain très différent, il n’a pas vraiment été recherché pendant un bon moment.

Mais sa réputation a un peu bougé ces dernières années. Une raison simple, le film est devenu plus facile à voir. Et son étrangeté colle mieux aux sensibilités actuelles qu’à l’époque.

Un anthropologue face à des esprits dans Los Angeles

Le cœur de Nomads, c’est Pommier, un anthropologue français incarné par Pierce Brosnan. Installé dans le Los Angeles contemporain de l’époque, il s’intéresse aux croyances et pratiques religieuses de cultures non occidentales.

Ce regard-là change tout. En voyant traîner dans la ville un groupe de punks nomades, il ne les perçoit pas comme une simple bande inquiétante. Ces figures finissent par révéler leur vraie nature, ce sont des esprits maléfiques qui surgissent pour semer le chaos.

Un film bizarre, mais pas gratuit

Ce qui fait tenir Nomads, ce n’est pas une mécanique d’horreur classique. John McTiernan, passé par la Juilliard School, mêle le surnaturel à un choc culturel plus flou, plus dérangeant. La réalité glisse vers quelque chose d’inquiétant, presque impossible à saisir. Clairement, on pense à cette veine du liminal horror qui plaît beaucoup aujourd’hui.

Ici, les fantômes ne sont pas traités comme une simple présence spirituelle. Ils ressemblent davantage à des créatures mythologiques, presque à des cryptides. L’ambiance profite aussi des décors de Skid Row, filmés par le chef opérateur Stephen Ramsey. Dans le casting, on croise aussi Adam Ant et Mary Woronov. Côté musique, la partition est signée Bill Conti, avec des ajouts de guitare électrique par Ted Nugent.

Le chaînon discret avant Predator et Die Hard

Autre détail qui rend le film encore plus à part, Nomads est le seul long métrage que John McTiernan a écrit lui-même. Forcément, on y voit un indice de ses obsessions de départ, sa façon de pousser le cinéma de genre vers des zones moins confortables.

Le film reste étrange, parfois franchement déroutant. Mais il a ce côté accrocheur qu’on retrouve souvent dans les premiers essais de réalisateurs qui cherchent encore leur forme. Sans ce détour risqué, John McTiernan n’aurait sans doute pas posé les bases de ce qu’il affinera ensuite dans Predator, Die Hard et Last Action Hero. Pas son film le plus connu, loin de là. Peut-être son plus singulier.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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