Finalement, Venise non inscrite au patrimoine mondial en péril de l’Unesco

Malgré les alertes de experts en raison du surtourisme et du climat, un nouveau sursis est accordé.

Vue paisible de la lagune de Venise, capturée au coucher du soleil avec des couleurs éclatantes se reflétant sur l'eau.
Image d'illustration. Vue sereine de la lagune vénitienne au coucher du soleil — ADN

Ces derniers mois, il était fortement question que l’Unesco fasse figurer Venise au rang du patrimoine mondial en péril.

Mais malgré les alertes des experts mêmes de l’Unesco, et relatives au réchauffement climatique et au surtourisme, le Comité du patrimoine mondial en a décidé autrement alors qu’il était réuni jeudi à Ryad.

Des mesures « insuffisantes » et pourtant…

Ce sont les mesures « insuffisantes » prises en Italie pour combattre la dégradation de la ville qui avaient motivé cette recommandation des experts.

Ils avaient ainsi expliqué que « La poursuite du développement (de Venise), les impacts du changement climatique et le tourisme de masse menacent de causer des changements irréversibles à la valeur universelle exceptionnelle du bien ». Exit donc les efforts consentis pour interdire la présence des paquebots, entre autres.

L’élément qui a suspendu la décision

Ce qui a fait pencher la balance, c’est la décision du conseil municipal vénitien de tester dès le printemps prochain un système de billetterie visant à conditionner l’accès au centre de Venise au règlement de 5 euros.

Une taxe dont seront exclus résidents, navetteurs, étudiants, enfants de moins de 14 ans et touristes passant au moins une nuit sur place.

Des experts toujours préoccupés

Un diplomate de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture a ainsi confirmé :

La décision du Comité du patrimoine mondial tient compte des avancées obtenues ces derniers jours par l’Unesco, notamment la mise en place dès 2024 d’un système de gestion des flux de visiteurs.

Cependant, le Comité estime estime « que des progrès supplémentaires doivent être réalisés », renouvelant ses inquiétudes « concernant les défis importants qu’il reste à relever pour la bonne conservation du site, notamment liés au tourisme de masse, aux projets de développement et au dérèglement climatique ».

Jérôme Nelra

Spécialiste Environnement

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