En bref
- 54 départements à risque élevé ou très élevé
- Un pompier tué, plusieurs blessés
- Déjà plus d’hectares brûlés qu’en juillet 2025
54 départements étaient classés mercredi 8 juillet en danger élevé à très élevé sur la Météo des forêts. C’est un niveau inédit à cette période. Jusqu’ici, le maximum observé avant 2026 était de 29 départements en vigilance orange ou rouge, relevé en 2025.
Cet emballement s’explique par une combinaison désormais bien connue, mais redoutable, selon Météo-France et les autorités, avec des sols très secs, des températures caniculaires, une humidité de l’air anormalement basse et presque aucune pluie depuis un à deux mois sur une large partie du pays. Le danger doit rester élevé toute la semaine.
Une carte du risque qui change d’échelle
Le pays affronte un épisode qui déborde largement du pourtour méditerranéen. Et c’est sans doute le point le plus marquant. Même des zones moins habituées à ce type de feu sont concernées.
L’épisode de chaleur en cours est le troisième en moins de deux mois, après une première séquence fin mai puis une vague de chaleur dans la seconde moitié de juin. Ce cumul pèse lourd au moment où l’été commence à peine.
Des foyers majeurs et un lourd bilan humain
En Savoie, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans est mort mercredi alors qu’il luttait contre un feu de forêt dans un secteur escarpé. Dans les Pyrénées-Orientales, l’incendie a parcouru près de 5 000 hectares en quatre jours. Le préfet a indiqué à la mi-journée que la situation n’était pas stabilisée, avec des prévisions défavorables et un renforcement de la tramontane.
Plusieurs communes ont dû être évacuées. Le feu a fait 11 blessés légers, dont sept pompiers, et endommagé de nombreux bâtiments.
Dans la Drôme, 2 500 hectares ont brûlé dans une zone boisée inhabitée du sud du département. Dans l’Hérault, à Carlencas-et-Levas, un feu de 380 hectares connaît une réactivation sur tous les fronts. Près de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, des habitations restent menacées et des centaines de pompiers sont mobilisés.
Même hors du Sud, les départs de feu se multiplient
Le Loir-et-Cher a vu partir en fumée 400 hectares de forêt sur plusieurs communes, un épisode qualifié d’inédit par la préfecture. Six pompiers et un gendarme y ont été blessés. Au total, 350 soldats du feu ont été engagés, dont 100 venus d’autres départements.
Dans le Morbihan, à Plumergat, 2,5 hectares d’espaces naturels ont brûlé. En Seine-et-Marne, un incendie a aussi détruit 10 hectares d’un champ.
2026 dépasse déjà juillet 2025
Environ 7 800 hectares ont brûlé en France pendant les huit premiers jours de juillet 2026, contre un peu plus de 4 400 sur l’ensemble de juillet 2025, d’après les données du système européen Effis analysées mercredi par l’AFP. Il faut remonter à juillet 2022 pour trouver pire sur la même période, avec 13 800 hectares détruits.
Après moins de sept mois, 2026 est déjà la 4e année la plus touchée depuis le début des statistiques en 2006. La France compte 17,6 millions d’hectares de forêt dans l’Hexagone et en Corse, ce qui accroît sa vulnérabilité. Les autorités rappellent aussi qu’environ neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine et que 80 % démarrent à moins de 50 mètres des habitations.