États-Unis : une journaliste de CNN refuse de porter le voile, le président iranien annule l’entretien

Pour avoir refusé de porter le voile durant un entretien prévu avec le président iranien sur le sol américain, une journaliste de CNN a fait face à une chaise vide.

Jeudi, la cheffe de l’antenne internationale de CNN Christiane Amanpour a expliqué, sur son compte Twitter, comment un entretien prévu avec le président iranien la veille a finalement été annulé. L’échange, relate BFMTV.COM, devait avoir lieu en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies et dans un contexte particulièrement tendu. Le 16 septembre dernier, Mahsa Amini, 22 ans, est ainsi décédée trois jours après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». Depuis en Iran, des femmes n’hésitent pas à manifester et à brûler leur hijab pour dénoncer ce drame.

USA : 40 minutes avant l’entretien, le président iranien veut une interlocutrice voilée

Le contexte de l’entretien a été rappelé en préambule par la journaliste, laquelle a ensuite souligné qu’il s’agissait de la première visite du président iranien Ebrahim Raïssi aux États-Unis. Un dirigeant qui a fait connaître une certaine exigence pour que la rencontre se fasse : « 40 minutes après le début de l’entretien, un assistant vient me voir. Il a dit que le président me suggérait de porter un foulard, parce que c’était les mois sacrés de Mouharram et Safar. »

Une demande inédite

Christiane Amanpour indique la raison pour laquelle elle a « poliment refusé » d’accéder à la demande du président : « Nous sommes à New York, où il n’y a pas de loi ou de tradition concernant le port du foulard. J’ai fait remarquer qu’aucun président iranien précédent n’a exigé cela lorsque je les ai interviewés en dehors de l’Iran. »

Un éloquent cliché

L’assistant a fait savoir à la journaliste que sans cette condition remplie, l’entretien ne pourrait avoir lieu. Le refus a été maintenu par la figure de CNN qui, dans la dernière partie de son rapport, joint une photographie d’elle devant le siège, vide, que devait occuper le président Raïssi. « Et nous sommes donc partis. L’entretien n’a pas eu lieu. Alors que les manifestations se poursuivent en Iran et que des personnes sont tuées, cela aurait été un moment important pour parler avec le président Raïssi. »

Gael Brulin

Spécialiste International

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