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Et si votre vieux smartphone alimentait le cloud de demain ?

Tech > Mobile > IA > Cloud
Par Jordan Servan,  publié le 16 juin 2026 à 14h00.
Tech
Smartphone

Image d'illustration. SmartphoneADN

Des chercheurs veulent transformer des smartphones retirés du circuit en mini data centers. Une piste concrète face au boom de l’IA et des déchets électroniques.

En bref

  • Les grands acteurs de l’IA investissent massivement dans des centres de données très puissants, mais cela entraîne une forte empreinte environnementale et beaucoup de déchets électroniques.
  • Des chercheurs montrent qu’on peut recycler d’anciens smartphones en clusters de calcul en retirant les composants inutiles, avec une puissance encore proche de celle de certains serveurs.
  • Cette approche vise des usages modestes et peu coûteux (recherche, éducation, edge computing) et pourrait déboucher sur des data centers low-cost et bas carbone d’ici 2026.

Le sujet tombe au bon moment. Alors que les data centers liés à l’IA poussent partout, des chercheurs regardent dans l’autre sens, vers nos vieux téléphones oubliés dans un tiroir.

Le bon timing pour une idée à contre-courant

À mesure que les services d’IA gagnent du terrain, les géants du secteur investissent massivement dans de nouvelles infrastructures. Google, Microsoft, OpenAI et Amazon misent tous sur davantage de puissance de calcul pour faire tourner des modèles toujours plus gourmands.

Le problème, c’est l’empreinte environnementale. La source rappelle que l’impact des centres de données est énorme, au moment même où les déchets électroniques continuent d’augmenter. Beaucoup de consommateurs changent de smartphone tous les deux ou trois ans, alors que le matériel reste souvent utilisable. C’est là que l’idée devient franchement intéressante.

Comment un téléphone devient un nœud de calcul ?

L’équipe de l’University of California San Diego a montré qu’on pouvait transformer d’anciens smartphones en grappes de calcul à bas coût. Leur approche, baptisée phone cluster computing, consiste à dépouiller l’appareil pour ne garder que l’essentiel.

Concrètement, les chercheurs retirent l’écran, la batterie et les caméras, en partie parce que certains éléments, comme la batterie, ne sont pas adaptés à un environnement de centre de données. Il reste alors la carte mère, qui est reliée à d’autres pour former un cluster capable d’exécuter de vraies charges de travail. Leur constat est simple, un téléphone considéré comme obsolète conserverait encore environ la moitié de la puissance de calcul d’un serveur moderne.

Des limites claires, mais un vrai usage

Personne ne dit que ces téléphones vont remplacer les énormes installations utilisées pour entraîner les modèles les plus avancés. Pour des systèmes comme ChatGPT ou Gemini, il faut toujours du matériel spécialisé, avec des GPU avancés et des accélérateurs d’IA conçus pour ça.

Mais pour des tâches plus modestes, la piste tient la route. Les chercheurs visent notamment la recherche, l’enseignement, l’edge computing ou encore le traitement localisé de données. Pas le grand spectacle, donc. Plutôt des usages concrets, ciblés, et beaucoup moins chers.

Une piste peu chère pour 2026

L’University of California San Diego espère aller jusqu’à un centre de données bâti à partir d’environ 2 000 anciens téléphones Pixel. Le système doit offrir à des centaines d’étudiants et de chercheurs un accès à un cloud à faible coût et à plus faible empreinte carbone, avec un lancement attendu à l’automne 2026.

Google a d’ailleurs mis en avant la notion de carbone incorporé, c’est-à-dire les émissions liées à la fabrication. Réutiliser du matériel existant, plutôt que construire des machines neuves, peut donc alléger le bilan.

Et ce n’est pas une idée sortie de nulle part. Des chercheurs de l’University of Tartu avaient déjà testé de petits data centers à partir de vieux smartphones pour surveiller la vie marine ou collecter des données de transport en temps réel. Coût annoncé pour ces prototypes, environ 8 euros par appareil. À ce tarif-là, le vieux téléphone du tiroir n’a plus l’air si mort.

Le Récap
  • En bref
  • Le bon timing pour une idée à contre-courant
  • Comment un téléphone devient un nœud de calcul ?
  • Des limites claires, mais un vrai usage
  • Une piste peu chère pour 2026
En savoir plus
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