En Jordanie, la mort de soldats américains relance l’escalade

Deux militaires américains ont été tués en Jordanie lors d’attaques attribuées à l’Iran. Le conflit s’étend aussi au Koweït et au détroit d’Ormuz.

Base militaire dans le désert jordanien
Image d'illustration. La Jordanie est au cœur de l’escalade. — ADN

En bref

  • Deux soldats américains tués en Jordanie
  • Téhéran menace encore les États-Unis
  • Le Koweït et Ormuz aussi touchés

Le conflit entre l’Iran et les États-Unis franchit un nouveau seuil. En plus des combats directs, les frappes touchent désormais des infrastructures civiles du Golfe, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et des positions américaines dans plusieurs pays voisins.

Une escalade qui frappe désormais plusieurs fronts

Depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, les attaques se multiplient dans la région. Le niveau de violence n’avait plus été atteint depuis le cessez-le-feu conclu en avril, après la guerre déclenchée fin février par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.

Samedi, des explosions ont aussi été entendues à Manama, à Bahreïn, après le déclenchement de sirènes d’alerte. L’armée a dit avoir intercepté une nouvelle vague d’attaques iraniennes. L’armée iranienne, elle, a affirmé viser une base américaine sur place.

Deux soldats tués, un troisième disparu en Jordanie

Le fait le plus marquant reste l’annonce américaine en Jordanie. Le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a indiqué que deux militaires avaient été tués vendredi lors d’attaques de missiles et de drones iraniens. Un troisième soldat est porté disparu.

Ce sont les premiers militaires américains tués depuis la reprise des combats début juillet. Ce point compte, parce qu’il marque une aggravation nette du face-à-face entre Washington et Téhéran.

Téhéran durcit le ton, Washington poursuit ses frappes

Dans un message relayé par la télévision d’État, l’ayatollah Mojtaba Khamenei a menacé l’« ennemi américain » de « leçons inoubliables ». Il a aussi accusé les États-Unis d’avoir vidé de sa valeur le protocole d’accord signé le 17 juin, censé faire taire les armes.

Dans la nuit, l’armée américaine a dit avoir frappé en Iran des sites de surveillance, des dépôts d’armes souterrains, des infrastructures logistiques militaires et des moyens maritimes. Elle n’a pas mentionné de cibles civiles. Côté iranien, le ministère de la Santé fait état de 50 morts et de plus de 500 blessés depuis le 27 juin.

Infrastructures civiles touchées et trafic maritime paralysé

Au Koweït, les autorités ont annoncé pour le deuxième jour de suite des frappes iraniennes sur des installations civiles. Un site pétrolier jugé vital a été gravement endommagé, et plusieurs unités d’une centrale électrique et d’une usine de dessalement ont été mises à l’arrêt. Par 47°C, les autorités dénoncent une mise en danger directe des civils.

Un salarié du secteur électrique, Ali Mahmoud, décrit « l’inquiétude » de la population et la crainte de coupures. La veille, l’ONU avait jugé inacceptables les attaques contre les infrastructures civiles.

Et sur mer, la situation se tend aussi. Les États-Unis ont réimposé leur blocus des ports iraniens. Les Gardiens de la Révolution disent avoir stoppé quatre navires dans le détroit d’Ormuz, où le trafic est presque à l’arrêt. Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures passait par ce passage stratégique. Au Koweït, la compagnie aérienne nationale a déjà reporté la plupart de ses vols.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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