En bref
- FIFA examine une banderole politique après Argentine-Angleterre
- Un slogan qui replace les Malouines dans l’actualité
- Londres proteste, Milei comprend ses joueurs
Un match gagné, puis un geste qui a tout de suite dépassé le football. Après la victoire 2-1 de l’Argentine contre l’Angleterre, mercredi 15 juillet à Atlanta, des joueurs argentins ont brandi sur la pelouse une banderole avec ce message, « les Malouines sont argentines ». Depuis, la FIFA examine l’affaire.
Un message qui dépasse largement le terrain
La scène s’est produite juste après la demi-finale de la Coupe du monde 2026. Le slogan visait forcément l’Angleterre, puisque les Malouines, appelées Falkland par les Britanniques, restent au centre d’un vieux contentieux entre Londres et Buenos Aires.
Côté britannique, la réaction a été immédiate. Un porte-parole de Downing Street a lancé « la Coupe du monde n’est peut-être pas à nous, mais les îles Falkland le sont assurément ». Avant lui, le ministre britannique Peter Kyle avait rappelé que, selon lui, la politique n’a pas sa place dans le football et dit attendre de la FIFA une enquête approfondie.
Pourquoi les Malouines restent un sujet explosif
L’archipel se trouve à environ 600 kilomètres des côtes argentines, mais il est administré par le Royaume-Uni. La souveraineté de ces îles reste contestée depuis des années, et le sujet touche encore un nerf sensible dans les deux pays.
Le point de bascule, c’est 1982. Cette année-là, l’Argentine a envahi l’archipel. Les forces britanniques ont repris les îles après 74 jours de combats. Le bilan reste lourd, avec 649 morts côté argentin et 255 côté britannique.
Une improvisation de supporters, puis un dossier disciplinaire
Selon des médias argentins, la banderole n’avait rien d’une opération préparée par la sélection. Elle aurait été fabriquée le jour du match par des supporters argentins à Atlanta, à partir d’un drap pris dans leur hôtel. Ils l’ont d’abord montrée en tribune.
Puis, repérés par un agent de sécurité dans les dernières minutes, ils s’en seraient débarrassés en la jetant sur la pelouse. Des joueurs l’ont ensuite récupérée et brandie. Même dans ce scénario, le problème est le même pour la FIFA, dont le règlement interdit les manifestations politiques dans les tournois qu’elle organise. Sa commission de discipline étudie désormais les rapports de match et les circonstances avant d’éventuelles mesures.
Entre fermeté britannique et soutien nuancé de Milei
Le président argentin Javier Milei avait d’abord pris ses distances. Il estimait mercredi que les Malouines se récupèrent par une diplomatie avisée, pas par des gestes de « patriotisme bon marché ».
Le lendemain, ton différent. À la radio El Observador, Javier Milei a dit comprendre ses joueurs, jugeant que ce sentiment habite tous les Argentins et qu’il est légitime de vouloir l’exprimer. Il a aussi répété que, selon lui, les Malouines sont argentines, tout en disant vouloir agir sur le terrain diplomatique.
Le football, encore traversé par la mémoire des Malouines
Ce n’est pas la première fois que ce dossier ressurgit dans un match entre l’Argentine et l’Angleterre. Au Mondial 1986, quatre ans après la guerre, Diego Maradona avait éliminé les Anglais avec un doublé resté célèbre, dont la « main de Dieu », qu’il présentait comme une revanche symbolique.
Et le thème existe encore dans les tribunes. L’hymne officieux des supporters argentins pour ce Mondial, La Cuarta Estrella, évoque aussi les Malouines, avec Diego Maradona et Leo Messi. La suite, désormais, dépend de la FIFA.