En bref
- Paris accuse le FSB d’attaques cyber
- L’ambassadeur russe sera convoqué prochainement
- Des sanctions françaises, européennes et britanniques tombent
Des ministères, des entreprises et des opérateurs ont été visés dans une campagne de cyberattaques attribuée par la France aux services russes. Selon Jean-Noël Barrot, ces opérations ont mêlé espionnage et sabotage dans une dizaine de pays européens, dont la France.
Une campagne qui touche bien au-delà de la diplomatie
Le chef de la diplomatie française a expliqué que les attaques cherchaient soit à capter de l’information, soit à perturber le fonctionnement d’infrastructures. Il a cité le cas du rail en Pologne, présenté comme un exemple concret de sabotage.
Le ministère des Affaires étrangères décrit un activisme russe en forte hausse ces dernières années, en particulier contre l’Ukraine et les pays qui la soutiennent. Paris affirme aussi que Moscou s’appuie sur des acteurs non étatiques, dont des groupes se présentant comme hacktivistes, pour mener des opérations de déstabilisation.
Paris convoque Moscou et aligne ses sanctions
La réponse française est double. D’un côté, le Quai d’Orsay convoquera l’ambassadeur de Russie en France dans les prochains jours. De l’autre, la France annonce des sanctions contre neuf individus et quatre entités tenus pour responsables d’une campagne orchestrée par le FSB, le service fédéral de sécurité russe.
Parmi les cibles visées par ces mesures, le ministère mentionne un groupe qui a revendiqué des actions de déstabilisation contre les Jeux de Paris 2024. Le même jour, le Royaume-Uni a pris des sanctions contre 24 individus et entités liés aux renseignements russes, tandis que l’Union européenne en a annoncé 13, dont des officiers du GRU, le renseignement militaire russe.
Turla, une méthode déjà repérée contre des services français
La France pointe un mode opératoire précis, Turla, attribué au FSB et plus particulièrement à son unité 61240, chargée du ciblage français et installée près de Saint-Pétersbourg, à proximité de Krasnoïe Selo.
Selon le ministère, ce dispositif a visé des comptes de messagerie du ministère des Armées dès 2017. En 2018, c’est le réseau du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à l’ambassade de France à Moscou qui a été touché.
Autre épisode cité, plus récent: en février 2025, un institut de recherche sur les technologies sensibles travaillant pour l’industrie de défense française a subi des cyberattaques menées par le 16e Centre du FSB, avec à la clé l’exfiltration d’un volume important de données.
La France met en avant ses outils de riposte
Jean-Noël Barrot affirme que la France dispose d’un des dispositifs les plus aboutis en Europe pour répondre à ces agressions hybrides. Il a cité Viginum, chargé de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, et l’Anssi, dont il a salué les compétences.
Ces structures, selon le ministre, servent aussi à contrer les campagnes de désinformation susceptibles de perturber des processus électoraux. Suite attendue maintenant, la convocation diplomatique promise par le Quai d’Orsay.