En bref
- Trump promet une licence pour les Patriot
- Kiev manque de missiles antimissiles
- La production prendrait plusieurs années
Les frappes balistiques russes se multiplient sur Kiev, et c’est dans ce contexte que Donald Trump a annoncé vouloir autoriser l’Ukraine à fabriquer des missiles Patriot. La déclaration a été faite mercredi 8 juillet 2026, à l’issue du sommet de l’Otan à Ankara, lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky. Pour Kiev, l’enjeu est clair, renforcer une défense antiaérienne devenue vitale contre les missiles balistiques russes.
Kiev cherche un bouclier contre les frappes russes
L’Ukraine demande depuis des mois davantage de missiles Patriot à ses alliés. Sa défense contre les frappes balistiques russes repose largement sur ce système américain.
Ces dernières semaines, Kiev a été particulièrement visée par des missiles Iskander. Depuis le début du mois, deux attaques massives ont fait plus de 50 morts au total. Mercredi encore, une nouvelle frappe sur la capitale a tué trois personnes, d’après le maire Vitali Klitschko.
Trump promet une licence, sans calendrier précis
Face à Volodymyr Zelensky, Donald Trump a dit qu’il allait donner à l’Ukraine une licence pour produire des Patriot. Il a aussi lancé, sur un ton plus détendu que par le passé, que cela éviterait à Kiev de reprocher aux Etats-Unis de ne pas en livrer assez.
Mais l’annonce reste floue. Le président américain n’a donné ni conditions précises, ni échéance. Il a même reconnu que l’entreprise concernée n’avait pas encore été informée, tout en jugeant l’idée « plutôt cool ». Plus tard, Volodymyr Zelensky a dit compter sur ses équipes pour assurer un suivi rapide des points discutés dans la journée.
Le Patriot, pièce maîtresse de la défense antiaérienne
Le MIM-104 Patriot est un système sol-air à moyenne portée produit aux Etats-Unis. Il sert à intercepter des avions, mais surtout des missiles balistiques, grâce à un radar de très haut niveau et à des missiles d’interception spécialisés.
Ce système équipe l’armée américaine, mais aussi plusieurs pays alliés, notamment l’Allemagne, le Japon, Israël, l’Espagne, la Suisse et l’Arabie saoudite. En gros, c’est l’un des piliers de la défense antimissile occidentale.
Une solution utile, mais pas pour demain
L’intérêt stratégique est évident. Sa mise en œuvre, beaucoup moins. On ne sait pas si l’Ukraine a les capacités industrielles pour lancer une telle production rapidement, et plusieurs éléments montrent que cela ne répondra pas à l’urgence immédiate.
L’analyste militaire Serguiï Zgourets estime que la Russie profite à la fois de son avantage en missiles balistiques et des difficultés d’approvisionnement en Patriot pour accentuer la pression psychologique sur Kiev. Selon le centre de réflexion américain FPRI, il faut compter 24 mois pour produire un missile PAC-3 MSE et 30 mois pour fabriquer son moteur.
Dans le même temps, l’Ukraine a intensifié ses frappes en profondeur sur le territoire russe. Donald Trump y voit une escalade, mais aussi un facteur qui peut aider à conduire vers la fin du conflit. Ce changement de ton s’est aussi vu à Ankara, où le président américain a assuré avoir désormais de bonnes relations avec Volodymyr Zelensky. La déclaration finale du sommet de l’Otan a, elle aussi, reflété cette inflexion.