En France, 800 décès annuels liés au cancer du foie pourraient être prévenus

Image d'illustration. Aiguille stérile prête à l emploiADN
En France, le cancer du foie demeure une maladie redoutable, causant plusieurs centaines de décès chaque année. Pourtant, les spécialistes estiment qu’une prévention et une prise en charge plus efficaces permettraient d’épargner 800 vies annuellement.
Tl;dr
- Inégalités d’accès aux soins pour le cancer du foie.
- Centraliser les soins sauverait 800 vies chaque année.
- Prévention et information jugées urgentes par les chercheurs.
Des écarts persistants dans la prise en charge
Malgré les avancées médicales, la France peine encore à réduire certaines inégalités. Une récente étude, publiée le vendredi 5 septembre 2025 dans la revue spécialisée JHEP Reports, met en lumière des différences notables dans l’accès aux traitements pour le cancer du foie.
Coordonnée par le Dr Stylianos Tzedakis et le Pr Vincent Mallet, cette recherche a mobilisé l’hôpital Cochin-Port-Royal AP-HP, l’université Paris Cité, le Centre Inria de Paris et l’Inserm.
L’impact du milieu social sur les chances de survie
En examinant les données de 62 351 adultes diagnostiqués entre 2017 et 2021, dont près de la moitié issus de milieux défavorisés selon quatre critères sociaux (chômage, travail manuel, niveau d’éducation, revenus), les chercheurs confirment que les patients moins favorisés accèdent moins souvent à des traitements curatifs comme la chirurgie ou la transplantation.
Le risque de décès demeure ainsi plus élevé pour ces personnes, indépendamment de leur proximité avec un centre hospitalier ou du nombre de médecins dans leur région. Pourtant, lorsqu’un patient défavorisé est soigné dans un hôpital de référence, ses perspectives rejoignent celles d’un patient favorisé — tant pour l’accès aux soins que pour la survie.
Centres spécialisés : une solution concrète ?
Les auteurs avancent une proposition chiffrée : centraliser la prise en charge dans des centres experts spécialisés permettrait d’accroître de 25 % l’accès aux traitements curatifs pour les populations vulnérables. Selon leurs calculs, ce dispositif pourrait épargner plus de 800 vies par an. Dans ce contexte, ils appellent à repenser la politique de santé publique autour d’une logique plus ambitieuse.
À ce titre, plusieurs pistes sont jugées prioritaires :
- Lutter contre l’alcoolisme et promouvoir la vaccination contre l’hépatite B.
- Mieux prendre en charge les maladies métaboliques associées.
- Sensibiliser grand public et professionnels sur ces cancers trop méconnus.
L’urgence d’une prévention renforcée face à une menace croissante
Le poids du cancer du foie reste majeur à l’échelle mondiale — il constitue aujourd’hui la troisième cause de décès par cancer. Et sans politiques fortes en matière de prévention, un rapport récent signé par la Commission du Lancet sur le carcinome hépatocellulaire (CHC) prévoit quasiment un doublement des nouveaux cas d’ici à 2050.
Face à cette perspective inquiétante, impossible donc d’ignorer cet appel pressant des scientifiques : « L’injustice sociale face au cancer est évitable. Les solutions existent. »