Chaque année, 10 000 cas : l’essentiel à retenir sur le cancer du foie, fatal à Thierry Ardisson

Image d'illustration. Poids balanceADN
En France, le cancer du foie touche chaque année environ 10 000 personnes et fait partie des maladies redoutées pour sa gravité. Ce type de cancer, récemment à l’origine du décès de Thierry Ardisson, soulève de nombreuses questions.
Tl;dr
- Le cancer du foie touche majoritairement les hommes.
- L’alcool cause un cas sur deux en France.
- Maladie évitable si le foie est préservé.
Cancer du foie : une menace évitable mais trop souvent négligée
Les récents hommages à Thierry Ardisson, disparu à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer du foie, rappellent la gravité de cette maladie. Dans l’ombre, ce cancer s’impose comme la troisième cause de décès par cancer dans le monde. Pourtant, la majorité des cas pourraient être évités, tant les facteurs de risque sont aujourd’hui identifiés.
Des causes claires et un profil très genré
En France, près de 10 500 nouveaux diagnostics annuels concernent surtout des hommes : ils représentent huit malades sur dix. Ce déséquilibre en fait l’un des cancers les plus genrés. L’âge constitue un autre facteur déterminant : près de 40 % des patients ont entre 50 et 69 ans au moment du diagnostic, tandis que la moitié ont dépassé les 70 ans. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un carcinome hépatocellulaire, ou hépatocarcinome.
Le principal accusé ? L’alcool. Environ un patient sur deux doit sa maladie à une consommation régulière d’alcool — même modérée. Comme le rappelle l’Institut Curie : « la consommation d’un à plusieurs verres par jour suffit pour augmenter le risque, même sans dépendance ou cirrhose ». D’autres risques majeurs complètent ce tableau sombre :
- L’obésité, le diabète de type 2 et les hépatites B ou C augmentent également la probabilité d’être touché ; le tabac n’est pas en reste.
Une maladie qui progresse en silence
Ce qui rend le cancer du foie particulièrement redoutable, c’est sa discrétion. Les premiers signes restent longtemps absents ou très discrets : fatigue persistante, troubles digestifs banals, amaigrissement inexpliqué… Il arrive souvent que la maladie ne soit révélée qu’à un stade déjà avancé. Parfois, c’est seulement avec l’apparition d’une jaunisse ou d’une ascite (gonflement abdominal lié à une accumulation de liquide) que le diagnostic se précise.
Autre spécificité : ce cancer naît presque toujours sur un organe déjà fragilisé par une maladie chronique — cirrhose ou hépatite virale notamment. Ainsi, préserver son foie devient essentiel : limitation de l’alcool, protection contre les infections hépatiques et maintien d’un poids sain constituent des armes efficaces contre la maladie.
Des traitements adaptés mais complexes
La prise en charge dépend du stade au moment du diagnostic. Pour les tumeurs localisées et de petite taille, une chirurgie partielle — grâce à l’extraordinaire capacité de régénération du foie — peut être envisagée ; la destruction par radiofréquence offre parfois une alternative moins lourde. Lorsque la maladie est plus avancée ou disséminée, une greffe hépatique reste possible mais complexe en raison du terrain sous-jacent fragile.
Parfois, seule la destruction tumorale percutanée (par chaleur ou froid) reste envisageable. Et lorsque ni l’ablation ni la destruction ne sont réalisables, il faut se tourner vers la chimiothérapie pour ralentir l’évolution.
Au fond, face à cet ennemi silencieux mais largement évitable, préserver son foie demeure notre meilleure défense collective.