Disparitions de mineurs : une baisse en 2024, mais des alertes jugées plus préoccupantes

Image d'illustration. Terrain de jeu vide avec une chaussure perdueADN
En 2024, le nombre de disparitions de mineurs a reculé, selon les dernières données officielles. Cependant, la proportion d’alertes jugées préoccupantes par les autorités continue d’augmenter, signalant une évolution dans la nature des cas recensés.
Tl;dr
- Disparitions de mineurs en baisse, mais cas plus complexes.
- Fugues diminuent, enlèvements parentaux stables.
- La Fondation réclame plus de prévention et de soutien.
Signalements en recul, complexité en hausse
Le rapport annuel de la Fondation Droit d’enfance, publié le 25 mai 2025, met en lumière une évolution contrastée du phénomène des disparitions de mineurs en France. En 2024, les autorités ont recensé exactement 38 477 signalements, soit une baisse sensible de 6,1 % par rapport à l’année précédente. Mais derrière cette amélioration statistique se dessine un tableau aux contours bien plus nuancés.
Une diminution portée par la chute des fugues
L’essentiel de cette diminution provient d’un recul continu des signalements de fugues, amorcé depuis 2022 et qui s’est confirmé l’an dernier avec une baisse de 6,7 %. Pourtant, chaque jour, « 105 enfants ont été signalés disparus », rappelle avec insistance Julien Landureau, porte-parole de la fondation.
Les fugues touchent dorénavant des enfants toujours plus jeunes et s’étalent sur des périodes prolongées. Par ailleurs, près d’un tiers des dossiers impliquant des jeunes filles font craindre une exploitation sexuelle avérée ou suspectée.
L’ombre persistante des enlèvements parentaux et cas inquiétants
Les données relatives aux enlèvements parentaux, après une envolée de plus de 20 % entre 2022 et 2023, sont restées stables avec 665 cas enregistrés en 2024. Notons que parmi ceux-ci, 227 concernent l’international—pratiquement cinquante pays différents seraient impliqués selon le rapport—et ces situations représentent près d’un tiers des dossiers traités par le service dédié du numéro d’urgence 116 000.
Parallèlement, les disparitions qualifiées d’« inquiétantes » poursuivent leur progression à raison d’environ 9 % par an.
Pistes pour enrayer la tendance : prévention et soutien renforcés
Derrière ces statistiques se cache un enjeu humain crucial. Plus de 40 000 appels reçus au 116 000, dont près de 3 000 ont nécessité l’intervention d’une cellule spécialisée composée notamment de juristes et d’une psychologue. Face à la complexification croissante des cas—durée prolongée des disparitions, gravité accrue—la fondation plaide désormais pour :
- Sensibiliser massivement sur les dangers liés à la fugue ;
- Lutter activement contre l’exploitation sexuelle des mineurs ;
- Mieux accompagner les familles victimes d’enlèvements parentaux.
Pour les acteurs engagés dans ce combat quotidien, il apparaît urgent que la réponse institutionnelle s’adapte à ces nouvelles réalités afin que chaque enfant disparu retrouve au plus vite le chemin du retour.