Découverte : comment la perte auditive pourrait accroître le risque de démence

Des études récentes mettent en lumière une corrélation inattendue entre la perte auditive et l’apparition de troubles cognitifs, suggérant que prendre soin de son audition pourrait jouer un rôle crucial dans la prévention de la démence.

Femme réfléchissant à sa quête de mémoire
Image d'illustration. Alzheimer, démence. — ADN

Tl;dr

  • Perte auditive augmente le risque de démence.
  • Appareils auditifs pourraient ralentir le déclin cognitif.
  • Prévenir tôt protège cerveau et vie sociale.

Perte auditive : un impact majeur sur le cerveau

On a longtemps associé la perte auditive au simple fait de mal entendre ou de faire répéter ses proches. Pourtant, la science rattrape ce cliché : l’affaiblissement de l’ouïe pèserait bien plus lourd sur notre santé. Selon plusieurs travaux menés ces dernières années, les personnes souffrant d’une diminution de l’audition présentent un risque nettement accru de développer une démence. Des chiffres récents issus d’études américaines sont sans appel : chez les seniors atteints de troubles auditifs modérés à sévères, la prévalence de la démence grimpe de 61 % par rapport à ceux dont l’audition reste intacte.

Liaisons dangereuses entre audition et cognition

Pourquoi le lien ? Plusieurs mécanismes sont avancés. D’abord, le « charge cognitive » : avec des oreilles moins performantes, le cerveau doit redoubler d’efforts pour décoder les sons. Cette surcharge finit par entamer ses ressources, laissant moins d’énergie pour la mémoire ou le raisonnement. Autre élément clé : le cerveau privé de stimulations auditives verrait certaines zones se contracter ou s’affaiblir. Ce phénomène du « use it or lose it » – littéralement, « utilisez-le ou perdez-le » – semble se vérifier ici aussi. Enfin, l’isolement social qui accompagne souvent la perte d’audition multiplie les risques : moins d’interactions, donc moins de stimulation cognitive.

L’espoir des aides auditives

Faut-il désespérer pour autant ? Pas si vite. Les dernières avancées apportent une note optimiste : l’utilisation régulière d’aides auditives semble réduire significativement le risque de démence. L’essai clinique ACHIEVE mené par Johns Hopkins, financé par le NIH, suit près d’un millier de personnes âgées afin d’évaluer si les appareils peuvent ralentir le déclin intellectuel. Premiers résultats encourageants : les utilisateurs voient leur prévalence de démence baisser de 32 % par rapport à ceux qui s’en passent.

À titre pratique, voici ce que recommandent les spécialistes pour protéger à la fois audition et esprit :

  • Faire tester son audition dès la cinquantaine.
  • Ne pas négliger même une baisse légère.
  • S’équiper en appareil si nécessaire et rester socialement actif.

Mieux vaut prévenir… dès le milieu de vie

Contrairement aux idées reçues, il n’est jamais trop tôt pour s’en préoccuper. Les recherches récentes pointent que la protection contre la démence commence dès la quarantaine ou cinquantaine ; attendre que l’âge avance serait une erreur. Finalement, prendre soin de ses oreilles revient à veiller sur son capital cérébral… et sa qualité de vie tout entière. Rester attentif aux premiers signes pourrait bien préserver non seulement notre mémoire, mais aussi notre vitalité sociale et émotionnelle pour longtemps encore.

Morgan Fromentin

Spécialiste Santé

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