Déclin cognitif : les gestes simples qui peuvent ralentir la pente

Le déclin cognitif ne se bloque pas aujourd’hui. Mais certaines habitudes, de l’alimentation aux liens sociaux, peuvent aider à en freiner le rythme.

Vue rapprochée d'un modèle cérébral mettant en avant sa texture et sa structure sur une surface blanche épurée.
Image d'illustration. Modèle de cerveau en gros plan — ADN

En bref

  • Le déclin cognitif augmente avec l’âge
  • Des habitudes peuvent en ralentir le rythme
  • Vie sociale et intime comptent aussi

Le point essentiel, c’est celui-ci : on ne sait pas empêcher le déclin cognitif. En revanche, plusieurs changements de vie peuvent aider à en ralentir l’évolution, en renforçant ce que les chercheurs appellent la réserve cognitive.

Ce déclin correspond à un ralentissement de la mémoire, de la concentration et de la pensée. Oublier un nom ou ce qu’on était venu acheter arrive souvent avec l’âge. Quand ces épisodes deviennent plus fréquents, ils peuvent signaler une atteinte plus marquée que le vieillissement habituel, avec des effets parfois lourds aussi pour l’entourage.

On ne stoppe pas le phénomène, on joue sur la réserve

Nous ne vieillissons pas tous de la même manière sur le plan mental. Les gènes et l’histoire familiale pèsent, mais pas seulement. Deux personnes du même âge peuvent montrer des performances très différentes lors de tests cognitifs. Et deux patients atteints de la maladie d’Alzheimer peuvent, eux aussi, présenter un niveau comparable malgré des modifications cérébrales très différentes.

C’est là qu’intervient la réserve cognitive, cette capacité à mieux encaisser les changements liés à l’âge. Elle se construit au fil de la vie, avec les études, le travail, mais aussi des activités stimulantes. Tout n’est pas entièrement sous contrôle, notamment ce qui dépend du contexte social, mais les loisirs, l’apprentissage et les interactions sociales restent des leviers concrets.

Les habitudes qui aggravent le terrain

Certaines maladies, comme l’hypertension, le diabète, la dépression ou les troubles vasculaires, peuvent accentuer le déclin cognitif. Et, souvent, un problème en entraîne un autre.

Une alimentation riche en graisses, par exemple, est associée à un risque accru d’obésité, de diabète et de troubles cognitifs. À l’inverse, plusieurs travaux convergent vers un effet protecteur d’un régime pauvre en graisses. Le tabac joue aussi contre le cerveau, de façon indirecte, mais nette : en réduisant la capacité respiratoire, il peut rendre l’activité physique plus difficile, avec derrière d’autres complications de santé.

Le social compte aussi pour le cerveau

On pense vite à l’alimentation, au sport, à l’alcool ou au tabac. Mais le lien social compte aussi. Des activités partagées obligent à communiquer, donc à solliciter l’esprit. Nager avec un proche et discuter au fil des longueurs, ou échanger avec d’autres promeneurs dans un parc, ce n’est pas anecdotique.

Associées à des relations qui ont du sens, ces interactions soutiennent le bien-être général tout en mobilisant plusieurs fonctions cognitives à la fois.

La vie intime, un facteur encore peu discuté

Autre piste moins souvent évoquée, les relations romantiques et intimes. Des études ont observé un lien entre activité sexuelle et fonction cognitive chez les hommes comme chez les femmes après 50 ans. Une recherche menée auprès de 73 adultes plus âgés a relevé que les personnes ayant des rapports plus fréquents obtenaient globalement de meilleurs scores aux tests cognitifs.

Le mécanisme n’est pas tranché. Il peut tenir à la connexion sociale elle-même, ou à l’effet d’hormones comme la dopamine et l’ocytocine, impliquées dans la récompense, l’apprentissage, la mémoire, l’attachement et les interactions affectives. Bref, derrière des conseils très connus, il y a une idée plus large : la santé du cerveau se joue aussi dans la manière dont on vit, seul et avec les autres.

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