En bref
- Netflix licencie Dan Lin dans le cadre d’une vaste restructuration marquée par environ 1000 suppressions de postes.
- Des tensions avec Greta Gerwig, David Fincher et Ben Affleck auraient fragilisé sa position à la tête du cinéma.
- Netflix cherche désormais un remplaçant capable de renforcer ses relations avec Hollywood et de relancer sa stratégie cinéma.
Le remaniement est massif chez Netflix. Et la branche cinéma n’y échappe pas. Dan Lin, arrivé en 2024 pour serrer les coûts et simplifier la production, a été licencié après une série de tensions avec plusieurs cinéastes de premier plan.
Un grand ménage qui secoue aussi la branche cinéma
C’est Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, qui a informé Dan Lin de son départ le 16 octobre 2026. Son éviction s’inscrit dans une réorganisation bien plus large, avec environ 1000 suppressions de postes. Parmi elles, le départ de la directrice des contenus Bela Bajaria, mais aussi celui de Doug Belgrad, numéro deux de Dan Lin.
Derrière ce coup de balai, on retrouve une combinaison assez classique dans l’industrie, baisse de l’engagement et performance boursière jugée décevante. Sauf qu’ici, le cinéma s’est ajouté au problème. Et pas sur un petit dossier.
Le dossier Narnia a cristallisé les tensions
Le cas le plus commenté concerne Greta Gerwig et son adaptation de Le Monde de Narnia, plus précisément Le Neveu du magicien. Lors d’une réunion en visioconférence cette année, Dan Lin aurait été jugé expéditif face à la réalisatrice, alors qu’elle évoquait l’avancée de ce film estimé à 250 millions de dollars.
L’affaire a pris assez d’ampleur pour que Bela Bajaria contacte la productrice Amy Pascal afin d’apaiser la situation. De son côté, l’agent de Greta Gerwig, Bryan Lourd, aurait remonté le sujet directement à Ted Sarandos. Résultat, Dan Lin a été retiré de la supervision de Narnia. Ce n’est pas présenté comme la cause immédiate du licenciement, mais clairement, le signal était mauvais.
Une méthode qui ne passait plus
Le plus gênant pour Netflix, c’est que Greta Gerwig n’était pas un cas isolé. David Fincher, l’un des premiers grands noms à avoir donné du prestige à la plateforme avec House of Cards, aurait mis fin à son accord global après un désaccord sur The Further Mis-Adventures of Cliff Booth.
En cause, les reshoots demandés par David Fincher. Le réalisateur voulait des reprises importantes, mais n’aurait obtenu que quelques jours de tournage supplémentaires pour ce film avec Brad Pitt, écrit par Quentin Tarantino, dont le coût aurait dépassé 200 millions de dollars. Ben Affleck aurait lui aussi eu un accrochage avec Dan Lin autour d’Animals.
Le paradoxe, c’est que Dan Lin avait aussi des résultats à faire valoir. Il a supervisé KPop Demon Hunters et Happy Gilmore 2, et a poussé Netflix à soutenir des sorties en salles pour certains gros projets, dont Narnia. Pas suffisant.
Netflix cherche déjà le profil opposé
La suite se joue maintenant autour de Peter Rice, actuel patron des contenus, chargé de trouver un remplaçant. Parmi les noms qui circulent, ceux de Michael De Luca et Pam Abdy, anciens dirigeants du cinéma chez Warner Bros. Pictures.
Le duo sort d’une période remarquée avec Sinners, Weapons et A Minecraft Movie. Ils avaient aussi validé Digger avec Tom Cruise, présenté comme un échec massif. Pour Netflix, l’idée est limpide, récupérer des patrons très connectés à Hollywood pourrait valoir plus, aujourd’hui, qu’un simple catalogue en plus.