En bref
- Les signalements explosent en France
- Crypto, IA et faux recours dominent
- Banque et plainte sans attendre
16 934. C’est le nombre de demandes enregistrées en 2025 par Épargne Info Service, la plateforme de l’Autorité des marchés financiers. La hausse est nette, 27 % sur un an, et 43 % depuis 2023.
Derrière ces chiffres, on retrouve surtout des particuliers, qui représentent 93 % des signalements. Ce n’est plus un sujet réservé aux investisseurs aguerris. Et la mécanique change, avec des outils plus crédibles, plus propres, parfois presque impossibles à distinguer d’un site légitime.
Une vague de signalements qui change d’échelle
Pour l’AMF, la poussée des fraudes tient aussi à l’usage de technologies plus efficaces. L’intelligence artificielle sert à fabriquer de faux sites très proches des plateformes officielles. Les réseaux sociaux, eux, accélèrent la diffusion de publicités trompeuses.
Résultat, les escroqueries gagnent en portée et en crédibilité. Ce que l’on voyait autrefois comme des arnaques grossières passe désormais par des interfaces soignées, des documents convaincants et des messages calibrés pour pousser à agir vite.
Les trois pièges qui reviennent le plus souvent
Le premier bloc, ce sont les faux investissements en cryptomonnaies. Les fraudeurs montent de fausses plateformes de trading, affichent de faux gains grâce à des graphiques truqués, puis récupèrent directement l’argent vers leurs propres comptes. Même logique avec les faux robots de trading, présentés comme des logiciels capables de générer des bénéfices automatiques, alors qu’ils servent surtout à détourner les fonds.
Autre famille, les usurpations d’identité dopées à l’IA. De faux conseillers, de faux établissements financiers, parfois même de fausses autorités publiques. L’AMF explique que certains montages utilisent des logos authentiques, des documents bien rédigés et jusqu’à des deepfakes de personnalités connues. Des faux articles imitant de grands médias circulent aussi pour promouvoir des placements prétendument soutenus par des célébrités.
Enfin, il y a les faux services de récupération des fonds. Après une première perte, la victime est recontactée par des personnes se présentant comme une administration, un cabinet d’avocats ou l’AMF. Leur promesse, récupérer l’argent perdu contre des frais à payer d’avance. L’AMF rappelle qu’elle ne contacte jamais spontanément les épargnants pour ce type d’intervention.
Les signaux d’alerte à repérer avant de verser un euro
Quelques indices reviennent souvent. Un rendement exceptionnel sans risque, des appels insistants, ou une pression pour investir rapidement. Il faut aussi regarder les mentions légales, l’ancienneté du site, son adresse et le pays d’origine du numéro utilisé.
Une plateforme créée depuis quelques semaines ne peut pas sérieusement revendiquer des années d’expérience. Bon, c’est un détail simple, mais il compte.
Que faire si l’arnaque est déjà en cours
Avant tout investissement, l’AMF conseille de vérifier les autorisations dans les registres officiels comme REGAFI, ORIAS ou les listes blanches publiées par l’autorité. Aucun placement ne garantit des gains élevés sans risque.
Si la fraude est découverte, il faut prévenir sa banque immédiatement puis déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Depuis le 7 mai 2026, le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude, le FNC-RF, aide aussi les banques à repérer plus vite les comptes utilisés par les réseaux d’escrocs. Le dispositif ne promet pas un remboursement. Mais il montre une chose, ces arnaques s’industrialisent, et la riposte commence seulement à se mettre au niveau.