En bref
- Le 3919 veut une enquête nationale
- Aucune donnée française solide n’existe encore
- Le risque dépasserait le seul football
La Coupe du monde 2026 relance une question encore peu documentée en France. Le 3919, numéro d’urgence dédié aux victimes, réclame une enquête nationale pour savoir si les grands événements sportifs s’accompagnent, ou non, d’une hausse des violences conjugales.
Un appel à mesurer enfin le phénomène
Pour la Fédération nationale Solidarité Femmes, qui porte le 3919, les compétitions ne déclenchent pas à elles seules les violences. Mais elles peuvent servir de facteur aggravant dans une relation déjà marquée par la domination ou le contrôle. C’est le point central de sa demande.
Autrement dit, l’enjeu n’est pas de désigner le sport comme cause directe. Il s’agit plutôt de vérifier si, dans certains contextes, la tension d’un match ou son issue peuvent favoriser un passage à l’acte.
L’étude britannique, souvent citée mais très limitée
Le sujet n’est pas nouveau. Une étude britannique publiée en 2014 s’était penchée sur les signalements recensés pendant les Coupes du monde 2002, 2006 et 2010. Les chercheurs y avaient observé une hausse de 38 % après une défaite de l’Angleterre, et de 26 % après une victoire ou un match nul.
Mais le 3919 appelle à la prudence. Ces travaux remontent à plus de quinze ans et ne concernaient qu’un seul territoire, le comté du Lancashire, qui compte environ 1,4 million d’habitants. Pas de quoi tirer une règle générale, encore moins pour la France.
Au-delà du football, les facteurs pointés
On pense d’abord au football masculin, parce qu’il concentre l’audience et l’attention. Pourtant, selon la Fédération nationale Solidarité Femmes, ce n’est pas la discipline elle-même qui explique ces drames.
Les facteurs avancés sont ailleurs. La consommation d’alcool, certaines normes de masculinité associées à des environnements sportifs et l’intensité émotionnelle des compétitions peuvent accentuer un climat déjà violent. En gros, n’importe quel sport peut devenir un élément aggravant si le contexte est déjà là.
Prévenir pendant les compétitions et rappeler les aides
C’est pour cela que le 3919 pousse l’idée d’une campagne de sensibilisation pendant les grands rendez-vous sportifs. La fédération estime aussi que l’impact serait plus fort si les organismes du sport s’emparaient eux-mêmes du sujet, et si des joueurs prenaient la parole à titre individuel.
Parmi les pistes évoquées, il y a des spots pendant les diffusions, des campagnes d’affichage ou des repères visuels rappelant les dispositifs d’aide. Le but, clairement, est de mieux prévenir.
Pour les victimes ou leurs proches, le 3919 reste accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. L’appel est gratuit et anonyme. Un tchat existe aussi sur le site de Solidarité Femmes, ouvert du lundi au vendredi, de 13 heures à 20 heures.