En bref
- Le salaire seul ne permet pas de se situer
- L’Insee calcule le niveau de vie du foyer
- La composition familiale change fortement le résultat
On peut gagner correctement sa vie et pourtant ne pas être au-dessus de la moyenne. C’est tout le sujet du calcul publié par l’Insee, qui repose sur un indicateur plus précis que le simple salaire, le niveau de vie.
Le 9 juillet, l’institut a rappelé les seuils qui permettent de situer un ménage entre pauvreté, classe moyenne et catégories plus aisées. Pour une personne seule, le niveau de vie médian atteint 2 228 euros par mois. En clair, la moitié de la population vit avec moins, l’autre moitié avec plus.
Le salaire ne suffit pas pour se situer
Ce point-là change pas mal de choses. Comparer son revenu net mensuel à la médiane nationale conduit souvent à une mauvaise lecture de sa situation.
L’Insee ne retient pas le revenu individuel, mais le revenu disponible de tout le foyer. Autrement dit, l’argent réellement disponible après impôts, en tenant compte aussi des prestations sociales. Le calcul cherche donc à mesurer ce qu’un ménage a vraiment pour vivre, pas seulement ce qu’une personne touche sur sa fiche de paie.
La clé du calcul, ce sont les unités de consommation
Pour comparer un célibataire, un couple ou une famille avec enfants, l’Insee utilise les unités de consommation, les fameuses UC. L’idée est simple, chaque membre du foyer compte, mais pas de la même manière.
Le premier adulte vaut 1 UC. Chaque personne supplémentaire âgée de 14 ans ou plus compte pour 0,5. Pour un enfant de moins de 14 ans, on descend à 0,3. Ce système sert à intégrer les économies d’échelle d’un foyer, puisque vivre à plusieurs ne multiplie pas toutes les dépenses de façon mécanique.
Un couple avec deux enfants de moins de 14 ans représente ainsi 2,1 UC. Résultat, le total des revenus du ménage doit être divisé par 2,1 pour obtenir son niveau de vie.
Un exemple concret pour savoir où l’on se place
Prenons ce même foyer. S’il dispose de 4 500 euros nets après impôts, son niveau de vie s’établit à 2 142 euros par mois, une fois le revenu divisé par 2,1.
Ce chiffre le place légèrement sous la médiane de 2 228 euros pour une personne seule, donc au cœur de la classe moyenne. À l’inverse, un ménage dont le niveau de vie tombe sous 1 337 euros par mois passe sous le seuil de pauvreté.
Ce que montre ce calcul, c’est un déplacement discret mais important. La position sociale perçue ne colle pas toujours à la position mesurée. Et pour des foyers qui arbitrent chaque mois entre logement, transports et consommation, la différence n’a rien de théorique.